Stratégie énergétique: le gouvernement prévoit de lever le pied sur l'éolien terrestre et le solaire

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le gouvernement publie jeudi sa très attendue feuille de route énergétique (PPE3)jusqu'à 2035, qui acte une stagnation de la consommation électrique et le conduit à lever le pied sur le déploiement des énergies éolienne terrestre et solaire, à côté d'une relance nucléaire accrue.

Dans ce document stratégique, au coeur d'intenses débats politiques depuis 3 ans, il prévoit un plan "ambitieux" de relance de la consommation électrique en favorisant l'usage d'une électricité décarbonée, notamment d'origine nucléaire, au lieu des énergies fossiles qui coûtent cher à importer.

"La PPE3 fixe un cap clair: accroître la production énergétique décarbonée notamment électrique et réduire la consommation d'énergies fossiles", indique le dossier de presse de présentation de la PPE.

Dans cette feuille de route, le gouvernement fixe un objectif de production électrique décarbonée en 2035 "en lien étroit avec la croissance de l'électrification des usages" - autrement dit, la bascule de secteurs dépendants des énergies fossiles vers l'électricité, comme les transports avec les véhicules électriques, le bâtiment avec les pompes à chaleur ou l'industrie avec des fours électriques.

La troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) prévoit ainsi une relance du nucléaire, en rupture avec la précédente PPE (2019-2024), qui prévoyait de fermer 14 réacteurs. Le gouvernement confirme ainsi "le lancement de la construction de six réacteurs EPR2" et se laisse la possibilité en 2026 de décider de lancer la construction de huit autres.

Elle prévoit aussi une accélération pour l'éolien en mer, mais avec un léger décalage dans le temps des objectifs jusque-là assignés à cette filière.

En revanche, les filières éolien terrestre et solaire font les frais de la stagnation de la consommation électrique en France, avec des objectifs en baisse par rapport à ce que prévoyait la version soumise à la consultation du public en mars dernier.

Ils sont toutefois alignés sur l'un des scénarios les plus favorables parmi ceux établis en décembre dernier par RTE, le gestionnaire du réseau d'électricité à haute tension, qui a revu en baisse ses prévisions de consommation électrique en France à horizon 2030, en raison du retard de l'électrification de l'économie.

Les représentants de ces filières, qui ont rencontré le Premier ministre Sébastien Lecornu vendredi, espéraient que le gouvernement n'irait pas en deçà de ces scénarios.

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