Syrie: de nouvelles restrictions dans la distribution d'essence pour tenter d'enrayer la pénurie

  • AFP
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Les autorités syriennes ont annoncé lundi de nouvelles restrictions dans la distribution d'essence pour tenter d'enrayer la pénurie qui touche le pays depuis plusieurs jours, une crise imputée par Damas aux sanctions économiques occidentales.

Désormais les automobilistes ne peuvent obtenir que 20 litres d'essence tous les cinq jours, contre 20 litres tous les deux jours auparavant, selon les directives annoncées par le ministère du Pétrole sur sa page Facebook. Seuls les taxis bénéficient encore de l'ancienne quote-part, d'après la même source.

Cette décision "provisoire" qui vise "à distribuer l'essence de manière équitable", selon le ministère, est la troisième restriction imposée en dix jours par le gouvernement. Ces derniers mois, des pénuries de gaz domestique et de fioul ont touché la Syrie, qui bénéficiait d'une relative autonomie énergétique avant le conflit déclenché en 2011.

Début avril, le ministère avait déjà annoncé une réduction du quota d'essence subventionnée distribué aux conducteurs, de 40 à 20 litres.

Dans les rues de Damas, des monticules d'ordures étaient visibles lundi, alors que le manque d'essence empêche les camions de venir collecter les déchets, a constaté un correspondant de l'AFP. Très peu de véhicules circulent sur les artères habituellement très fréquentées de la capitale syrienne.

Le Premier ministre Emad Khamis a récemment expliqué que ces pénuries par l'arrêt de la fourniture de pétrole par l'Iran --près de deux millions de barils mensuels--, Téhéran, allié du régime syrien, faisant l'objet de sanctions américaines. M. Khamis a également expliqué que les pétroliers fournissant du carburant à la Syrie n'avaient plus le droit depuis six mois d'emprunter le canal de Suez.

Dans un quartier de Damas, Qoussaï, chauffeur de taxi, a passé la nuit de dimanche à lundi dans sa voiture, pour ne pas perdre sa place dans une queue interminable devant une station-service. Mais peu après minuit, alors que son tour approchait, "la station était à court d'essence et j'ai dû attendre jusqu'au matin dans l'espoir d'avoir mes vingt litres", raconte le trentenaire à l'AFP lundi. Sans succès. "La station est toujours fermée, elle n'a pas reçu" de carburant, déplore-t-il.

Ahmad al-Hamaoui a dû faire la queue pendant quatre heures à Mazzé, dans la banlieue ouest de la capitale. En vain. "Je vais essayer d'oublier ma voiture dans les prochains jours, j'irai au travail à pied. Je suis en colère mais je n'y peux rien", lâche-t-il.

Depuis le début de la guerre en 2011, le secteur pétrolier et gazier en Syrie a subi des pertes estimées par les autorités à 74 milliards de dollars (65 milliards d'euros). Les principaux champs pétroliers du pays, morcelé par le conflit, échappent d'ailleurs toujours au contrôle du gouvernement.

La guerre a aussi entraîné des destructions estimées par l'ONU à quelque 400 milliards de dollars (345 milliards d'euros).

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