Transport maritime : 70 millions d'euros sur le budget 2026 consacrés à la décarbonation

  • Connaissance des Énergies avec AFP
  • parue le

Le budget français pour 2026 consacrera quelque 70 millions d'euros, issus du produit de la taxe carbone européenne payée par les armateurs, à la décarbonation du transport et des industries maritimes, ont indiqué jeudi le ministre de l'Industrie et la ministre de la Mer.

Un appel à projet d'ici fin mars

"La décarbonation du maritime va être accélérée, depuis lundi nous avons un budget dans lequel nous avons inscrit le fléchage de la taxe carbone pour les navires - les taxes ETS - pour soutenir la filière industrielle dans sa décarbonation", a déclaré Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche au salon Euromaritime, à Marseille.

"Nous allons lancer un appel à projet d'ici fin mars": "ce sont 70 millions d'euros que l'État va mobiliser pour soutenir la filière", a ajouté la ministre à l'issue d'une réunion avec les industriels et acteurs du secteur dans le cadre du salon.

Selon son collègue de l'Industrie, Sébastien Martin, cette enveloppe financera l'acquisition de navires à propulsions décarbonées ou qui adaptent leur propulsion en changeant leurs moteurs, des projets de cargos à voiles, ou pour la décarbonation des infrastructures portuaires.

"On ne fait pas de cadeaux au secteur", a ajouté Mme Chabaud selon qui il s'agit d'un soutien à "une dynamique" de décarbonation qui "est en cours". Le fléchage des fonds européens a été décidé lors d'un comité interministériel de la mer en mai dernier, a-t-elle rappelé.

« Préférence européenne »

"Sur cet appel à projets, on vient accompagner la décarbonation, et non pas faire baisser le prix de l'électricité", a précisé M. Martin, à la suite de la demande du PDG de Brittany Ferries Jean-Marc Roué, qui a souhaité lors d'un échange public durant le salon que le prix de l'électricité baisse sur les ports pour ses navires électrifiés.

Au niveau européen, pour soutenir la filière, M. Martin a aussi évoqué la prochaine stratégie industrielle attendue pour soutenir la production via une "préférence européenne". "Nous sommes en train de travailler sur la possibilité d'avoir une préférence européenne pour la commande publique, notamment pour les navires qui pourront servir à construire les champs éoliens et à faire leur maintenance", a-t-il dit.

"C'est un combat qu'on mène que de faire en sorte que dès lors qu'il y a de l'argent public, cet argent public vienne soutenir des productions européennes, c'est valable pour la mer, l'automobile ou les produits de santé", a-t-il ajouté.

Ajouter un commentaire