- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le modèle des concessions autoroutières peut se décliner dans d'autres secteurs, notamment pour permettre le financement de nouvelles infrastructures ferroviaires, a estimé vendredi le patron du groupe de BTP Vinci.
"L'objet d'un contrat de concession, c'est de répondre à des besoins généralement vitaux, comme les déplacements ou l'énergie", a déclaré Pierre Anjolras, lors d'une rencontre avec quelques journalistes vendredi à Nanterre.
"En France, toutes les grandes infrastructures que ce soit des autoroutes, des chemins de fer, voire des centrales électriques d'EDF, ont été faites sur des modèles de concession privée qui ont parfois été renationalisées et parfois pas", a-t-il ajouté.
M. Anjolras estime que son groupe s'inscrit dans le temps long avec ses concessions autoroutières et ses 72 aéroports dans le monde. Il finance, conçoit, construit, modernise et entretient lui-même les aéroports et autoroutes et rembourse ses investissements via les péages, grâce à une concession d'exploitation longue mais limitée dans le temps. Le groupe ouvre une troisième branche de concessions avec des actifs de production d'énergie renouvelable, a-t-il précisé.
Tout en soulignant que son entreprise réalise près d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires dans le monde sur différentes constructions et services liés au secteur nucléaire, il admet que Vinci ne vise pas la gestion de centrales nucléaires.
Mais "évidemment le ferroviaire nous intéresse", indique-t-il, en faisant référence à la future loi-cadre sur les transports que le gouvernement envisage de présenter en conseil des ministres le 4 février prochain.
Le texte de ce projet de loi-cadre prévoit notamment d'ouvrir la possibilité de financements privés pour des ouvrages d'infrastructures de transport.
Il prévoit de refondre le modèle concessif actuel, en utilisant une partie des marges que les concessionnaires d'autoroutes redistribuent à leurs actionnaires pour financer d'autres modes de transport, qui ont d'énormes besoin d'investissements pour rester à niveau, comme le chemin de fer.
Vinci a d'ailleurs déjà lancé l'expérimentation, avec le tronçon Tours-Bordeaux de la ligne à grande vitesse Atlantique, qu'il a financée, conçue, construite, qu'il maintient et exploite et pour lequel il perçoit les loyers de passage.
"Le chemin est connu, nous sommes compétents pour concevoir, financer et exploiter ce genre d'infrastructures", a relevé M. Anjolras.
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