États-Unis: la plus grande raffinerie de la côte est ferme définitivement après un gros incendie

  • AFP
  • parue le

La plus grande raffinerie de la côte est aux États-Unis, située à Philadelphie, va définitivement fermer ses portes après avoir été victime d'un important incendie la semaine dernière, a annoncé le maire de la ville mercredi.

"J'ai parlé avec le patron et la direction de Philadelphia Energy Solutions ce matin et je peux confirmer que PES a l'intention de fermer la raffinerie d'ici un mois", a indiqué Jim Kenney dans un communiqué. Plus d'un millier d'employés de cette raffinerie créée il y a 150 ans vont être licenciés, sans compter les sous-traitants et prestataires de services travaillant actuellement pour la raffinerie, a-t-il précisé

Un feu dans une cuve de butane avait provoqué le 21 juin une gigantesque explosion et un incendie de grande ampleur, endommageant gravement les infrastructures. "Ça leur aurait coûté des milliards de dollars à réparer", remarque Andrew Lebow, spécialiste du marché de l'énergie pour Commodity Research Group. "Or cette raffinerie, l'une des plus vieilles du pays, avait déjà rencontré pas mal de problèmes au cours des dernières années, elle était sur le déclin", souligne-t-il.

Sa fermeture va avoir un impact à court terme sur le marché de l'énergie dans la mesure où sa production représentait 27% des capacités de traitement du pétrole brut sur la côte est américaine, estime M. Lebow. Les prix de l'essence ont d'ailleurs fortement augmenté, juste après l'incendie et après les premières informations sur la fermeture de la raffinerie mardi soir. À New York, le contrat de référence prenait encore plus de 5% mercredi vers 18h30 GMT.

Mais l'impact à long terme de la disparition de la raffinerie de Philadelphie devrait être limité car le volume d'essence qu'elle produisait pourra facilement être compensée par des importations, en provenance d'Europe notamment, selon le spécialiste. "Faire fonctionner cette raffinerie, qui transformait surtout du pétrole importé d'Europe et d'Afrique, avait un sens il y a longtemps, quand le prix du Brent (coté à Londres) était relativement moins élevé que celui du WTI (le baril de brut américain coté à New York)", explique-t-il.

Mais avec le boom de la production d'or noir aux États-Unis et la baisse des marges opérationnelles des raffineries, "la situation était devenue économiquement plus compliquée", ajoute-t-il. "Sans les subventions, elle aurait peut-être fermée il y a des années."

Ajouter un commentaire