- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le géant mondial des services environnementaux Veolia a poursuivi en 2025 sa mue vers des métiers plus rémunérateurs et annoncé jeudi un bénéfice net en forte progression de 10,9%, à 1,22 milliard d'euros, porté par le développement de ses relais de croissance.
Les activités du groupe à forte valeur ajoutée (déchets dangereux, technologies de l'eau, énergie locale) ont connu "une croissance deux fois plus rapide" (4,3% à périmètre et change constants) que celle de ses activités dites "socles" (eau municipale, déchets solides, chauffage urbain, réseaux de froid), qui ont progressé de 2,2%, a souligné la directrice générale du groupe, Estelle Brachlianoff, interrogée par l'AFP.
Le chiffre d'affaires ressort à 44,4 milliards d'euros, en légère baisse (-0,6% sur un an), mais à taux de change et périmètre constants, il s'affiche en hausse de 1,4%. La progression atteint 2,8% en excluant les prix de l'énergie, que le groupe achète puis répercute sur ses clients.
La marge d'Ebitda (bénéfice avant impôts, intérêts, dépréciation et amortissement) a progressé de 70 points de base à 15,9%.
Mme Brachlianoff a qualifié d'"historique" à plusieurs titres l'exercice écoulé: outre les résultats, le groupe, qui a achevé l'intégration des actifs de son rival Suez, a fait de 2025 "un point de bascule sur la transformation du portefeuille d'activité avec deux acquisitions majeures", a-t-elle souligné, lors de la présentation des résultats.
Le groupe s'est d'abord renforcé dans les technologies de l'eau et aux Etats-Unis, avec l'annonce au printemps de l'achat pour environ 1,5 milliard d'euros, des 30% de parts de WTS (Water Technologies and solutions, ex-GE Water) qui lui manquaient pour en être le seul propriétaire.
A l'automne, il a annoncé l'acquisition de l'américain Clean Earth, spécialisé dans le traitement de déchets dangereux, pour environ 2,5 milliards d'euros.
2025 a aussi vu, selon la patronne de Veolia, "la confirmation de la demande très solide" des services de "sécurité écologique" développés par le groupe.
- Carnet de commandes fourni -
L'émergence de législations sur les "polluants éternels" ou PFAS dans l'eau potable, qui inquiètent pour leurs effets délétères pour la santé, "s'est traduite par des commandes" pour le groupe, a indiqué Mme Brachlianoff.
"On a fait +25% de chiffre d'affaires sur les solutions pour traiter les PFAS en 2025", a-t-elle précisé à l'AFP.
Cette activité représente à ce stade quelque 259 millions d'euros de chiffre d'affaires pour le groupe, qui vise 1 milliard d'euros à horizon 2030.
D'une manière générale, les résultats ont aussi bénéficié d'un carnet de commandes bien fourni.
La patronne de Veolia a ainsi rappelé la conclusion l'an passé pour quelque 680 millions d'euros d'un contrat en Arabie saoudite, pour y construire une usine de réutilisation des eaux usées pour le compte de Satorp, une des plus grandes plateformes de raffinage et de pétrochimie au monde, détenue par Saudi Aramco et TotalEnergies.
Mme Brachlianoff a en outre annoncé jeudi deux nouveaux contrats dans l'eau potable en Inde, avec l'exploitation et la maintenance d'une durée de 15 ans et le déploiement de technologies avancées pour "deux des plus grandes usines" de production d'eau potable de la ville de Mumbai.
Les deux usines de Bhandup et Panrapur produiront en tout un peu moins de trois millions de mètres cube d'eau potable par jour, pour "couvrir plus de 60% des besoins en eau de la ville".
Dans le domaine des déchets, au Royaume-Uni, le groupe a annoncé jeudi avoir remporté sur l'année 2025 pour plus d'un milliard de livres (1,15 milliard d'euros) de contrats "nouveaux et reconduits" avec des collectivités locales pour des services de recyclage et de gestion des déchets.
Pour 2026, le groupe anticipe "une nouvelle année de forte croissance" de ses résultats, selon sa directrice générale adjointe chargée des finances et des achats, Emmanuelle Menning, citée dans le communiqué.
Le groupe prévoit notamment une "croissance organique solide" du chiffre d'affaires excluant les prix de l'énergie, ainsi qu'une "croissance organique de l'Ebitda comprise entre 5 et 6%".
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