Après le boom de l'éolien offshore en Europe : quelles conditions pour un redémarrage ?

  • Source : Ifri

La Commission européenne a présenté ce 24 octobre son « European Wind Power Action Plan »(1) qui vise à accélérer le développement de la filière dans l'UE, en rappelant entre autres au sujet de l'éolien offshore que « nous devons installer presque 12 GW par an en moyenne, ce qui correspond à 10 fois le niveau des installations l'an dernier », pour atteindre les objectifs des États membres d'ici à 2030.

Cette annonce intervient après un été 2023 marqué par une « dégradation de l’équation économique et des appels d’offres mal calibrés jetant la filière de l’éolien offshore dans la tourmente » (notamment avec la suspension par Vattenfall en juillet des travaux du projet de Norfolk Boreas de 1,4 GW de puissance installée)

La note ci-après rédigée par Étienne Beeker(2) et publiée ce 24 octobre par le Centre Énergie et Climat de l'Ifri « vise à analyser les causes, à faire un état des lieux et à identifier les conditions nécessaires pour relancer la filière ». Il y est notamment souligné les coûts en hausse de la filière, avec des LCOE dépassant généralement 100 €/MWh (les LCOE ne tenant pas compte en outre des coûts de raccordement et de renforcement du réseau ou encore d'équilibrage du système).

Étienne Beeker souligne ainsi qu' « une nouvelle voie est à trouver si l’Europe continue de vouloir faire de l’éolien offshore une des pierres angulaires de sa transition énergétique », alors que la Chine a déjà une stratégie très agressive sur ce marche, en s'appuyant sur l'énorme parc dont le pays dispose déjà sur son territoire.

Lire l'étude :
Boom de l'éolien offshore en Europe
Sources / Notes
  1. European Wind Power Action Plan, communication de la Commission européenne, 24 octobre 2023.
  2. Étienne Beeker a passé une dizaine d’années dans la recherche et le développement de systèmes d’information au sein d’organismes de recherche publics et privés avant de rejoindre EDF en 1990, où il a occupé plusieurs postes de responsabilité et d’expertise. Il a également collaboré avec l’ADEME de 2007 à 2009 et France Stratégie en tant que conseiller scientifique jusqu’en 2023.