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Climat : Paris présente ses nouveaux engagements

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Voiture électrique Paris

La ville de Paris souhaite mettre fin à la circulation des véhicules à moteur thermique dans ses rues d'ici à 2030. (©Blue Solutions)

Alors que la COP23 se tient à Bonn jusqu’au 17 novembre, la ville de Paris a présenté hier son nouveau Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET). La capitale se fixe entre autres un objectif de « neutralité carbone »(1) à l’horizon 2050.

500 mesures et un objectif de « neutralité carbone » en 2050

Le nouveau Plan Climat de la ville de Paris se décline en 500 mesures dans de nombreux secteurs (bâtiments, transports, alimentation, etc.) et « trace pour la première fois en France la trajectoire vers la neutralité carbone pour une collectivité », indique la mairie. Cette cible fixée à l’horizon 2050 ferait de Paris une ville « 1,5°C » selon les termes du réseau C40(2), dès lors qu’elle serait compatible avec la trajectoire de l’Accord de Paris pour contenir le réchauffement climatique.

Ce pari passe nécessairement par une réduction majeure de la consommation énergétique de la ville, à savoir une division par deux à l’horizon 2050 par rapport au niveau de 2004(3), avec un effort particulier portant sur le secteur résidentiel-tertiaire qui compte actuellement pour 85% de cette consommation.

D’ici à 2050, la ville de Paris fixe pour objectif de rénover 1 million de logements (110 000 immeubles) et plus de 50 millions de m2 de bureaux, commerces, hôtels et équipements publics, sachant que 95% des immeubles en 2050 seraient déjà construits(4) à l’heure actuelle selon les estimations de la mairie.

Véhicules à moteur thermique et énergies renouvelables

Dans les transports, la ville de Paris souhaite mettre fin à la circulation de véhicules diesel dès 2024 et essence en 2030 dans ses rues, au nom de la lutte contre la pollution atmosphérique (parallèlement à la rénovation de systèmes de chauffage au bois, également fortement émetteurs de particules).

La ville de Paris annonce plus globalement vouloir « s’approvisionner à 100% en énergies renouvelables »(5) à l’horizon 2050, avec un objectif intermédiaire de 45% en 2030 (contre 17% actuellement), sans préciser pour l'heure les modalités concrètes pour y parvenir.

Paris prévoit que 20% de sa consommation énergétique en 2050 soit couverte par une production locale, grâce à la multiplication de panneaux solaires sur les toits, au développement de la géothermie et de la récupération d’énergie dans la capitale et à une meilleure valorisation des déchets. Une centrale solaire de 5 000 à 10 000 m2 devrait entre autres être construite dans le parc floral du bois de Vincennes.

Une consultation publique avant l’adoption au Conseil de Paris en 2018

La ville de Paris veut non seulement réduire à néant ses émissions de gaz à effet de serre intra-muros mais également agir sur son empreinte carbone globale qui inclut entre autres les émissions liées à la production d’aliments « importés » ou aux voyages en avion de ses habitants. Au total, Paris souhaite réduire de 80% cette empreinte (par rapport au niveau de 2004), en investissant dans des projets de « compensation » pour les émissions restantes.

Un important travail de sensibilisation sera nécessaire puisque 75% de cette empreinte carbone globale dépendrait d’actions privées selon la ville de Paris. Il est ainsi prévu de renforcer le rôle de l’Agence parisienne du Climat et de mobiliser de nombreux acteurs de la métropole parisienne autour de ce Plan Climat. Les habitants pourront quant à eux s’exprimer lors d’une consultation publique de décembre 2017 à février 2018. Le nouveau PCAET va être présenté une première fois au Conseil de Paris du 20 au 22 novembre, puis en mars 2018 pour son adoption finale.

Pour rappel, le précédent Plan Climat de la ville de Paris adopté en 2007 (et actualisé en 2012) prévoyait de réduire de 25% les émissions de gaz à effet de serre de la ville et de porter à 25% la part des énergies renouvelables et de récupération en 2020. Ce Plan aurait permis de réduire de 10% l’empreinte carbone de la capitale au cours des dix dernières années.

Sources / Notes
  1. Équilibre entre les émissions et la capacité d’absorption des puits de carbone.
  2. Créée en 2015, cette organisation réunit de grandes villes du monde entier déterminées à lutter contre le réchauffement climatique. Anne Hidalgo assure la présidence du C40 depuis août 2016. http://www.c40.org
  3. Objectif quasiment similaire à celui de la France dans le cadre de la loi de transition énergétique (réduction de moitié de la consommation d’énergie finale d’ici à 2050 par rapport à 2012).
  4. Il est entre autres prévu de rénover 5 000 logements sociaux par an à partir de 2020 (contre 4 500 logements par an précédemment), avec un objectif d’économies d’énergie de 60%.
  5. En incluant les énergies de récupération.