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L’électricité décarbonée, axe majeur de la transition énergétique mondiale

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Énergie photovoltaïque

L’AIE appelle les gouvernements à développer des trajectoires énergétiques « durables » de long terme.  (©Pixabay)

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a publié ce 6 juin son dernier rapport sur les perspectives technologiques en matière d’énergie. Elle y réaffirme le rôle clé que pourrait jouer l’électricité décarbonée, associée à des solutions de stockage, pour atteindre les objectifs de lutte contre le changement climatique.

Les engagements actuels, insuffisants pour atteindre la cible des 2°C

Dans ses rapports annuels « Energy Technology Perspectives » (ETP), l’AIE précise comment les innovations dans le domaine de l’énergie peuvent permettre une transition vers un système énergétique sûr, « bon marché » et dont l’approvisionnement serait sécurisé. Les moyens d’atteindre les objectifs de lutte contre le changement climatique au travers de cette transition énergétique mondiale y sont également étudiés.

Selon l’AIE, de nombreux domaines à fort potentiel (efficacité énergétique, bioénergies et capture et stockage du CO2 notamment) souffrent encore d’un soutien public insuffisant. Seuls 3 des 26 domaines technologiques observés par l’AIE – à savoir les filières solaire photovoltaïque et éolienne terrestre, les véhicules électriques et le stockage d’électricité – bénéficieraient de progrès « en phase avec la cible des 2°C », grâce à des politiques publiques favorables.

L’AIE présente trois grands scénarios énergétiques d’ici à 2060. Le scénario tendanciel, dit « de référence », qui prend en compte les engagements énergétiques et climatiques actuels des différents pays(1), ne permettra pas de contenir à 2°C le réchauffement climatique d’ici à 2100 (par rapport à l’ère préindustrielle) selon ce rapport. Y sont également présentés deux autres scénarios, misant sur des engagements plus ambitieux des différents pays pour atteindre la cible de l’Accord de Paris : un scénario « 2°C » (« 2DS ») et un scénario visant la « neutralité carbone » en 2060 pour contenir le réchauffement climatique à 1,75°C à l'horizon 2100 (« B2DS(2)»).

Une production électrique reposant à 74% sur les renouvelables et 15% sur le nucléaire

Le mouvement d’électrification est commun aux différents scénarios présentés par l’AIE. Dans celui de référence, la part de l’électricité dans la consommation mondiale d’énergie finale atteindrait 26% en 2060, contre 18% aujourd’hui. Cette électrification s’accompagnerait d’une décarbonation du système énergétiquemondial selon l’AIE qui entrevoit une transition directe des énergies fossiles à une électricité décarbonée, en particulier dans les transports.

Dans le scénario « 2°C » de l'AIE, le mix électrique de 2060 repose à 74% sur les énergies renouvelables (dont 2% de bioénergies, avec des systèmes de capture et de stockage de CO2), à 15% sur l’énergie nucléaire, à 7% sur des centrales à combustibles fossiles couplées à des systèmes « CCS(3) », le reste de la production provenant de centrales à gaz.

Dans les transports, l’électrification envisagée par l’AIE serait plus ou moins rapide selon les scénarios. Le nombre de véhicules électriques en circulation dans le monde (près de deux millions aujourd’hui) pourrait être multiplié par 28 d'ici 2030 dans le scénario de référence. Au même horizon, le nombre de véhicules électriques pourrait être de 160 millions dans le cas du scénario « 2°C » et de 200 millions dans le cas du scénario « B2DS ». Dans ce dernier scénario, l’AIE envisage que près de 90% du parc automobile en 2060 serait propulsé à l’électricité.

L’AIE insiste par ailleurs beaucoup sur le stockage de l’électricité et les économies d’énergie (avec un gisement très important en matière de chauffage et de refroidissement) qui conditionnent la réussite de cette transition vers un système de plus en plus électrifié et décarboné.