Tribunes
7 tribunes signées Patrice Geoffron
Après le départ des Émirats arabes unis, assiste‑t‑on à la fin de l’Opep ? Et faudra‑t‑il la regretter ?
Le 28 avril 2026, les Émirats arabes unis (EAU) ont annoncé leur retrait de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) avec effet dès le 1er mai. Ce départ est le plus lourd de conséquences depuis la création du cartel en 1960. Cette décision invite aussi à creuser une problématique qui monte en intensité depuis une décennie : l’Opep est-elle encore viable comme instrument de régulation collective du marché pétrolier mondial ?
Lire la tribuneBlocage du détroit d’Ormuz : le risque d’un choc industriel pour l’Europe ?
Dès l’amorce des frappes américano-israéliennes sur l’Iran le 28 février 2026, les grands armateurs mondiaux ont suspendu leurs opérations dans le détroit d’Ormuz, passage essentiel du commerce international, d’hydrocarbures en premier lieu.
Lire la tribuneDes États-Unis ébranlés par leur offensive de « domination énergétique » ?
Un an s’est écoulé depuis que Donald Trump a prêté serment pour son second mandat. Sa campagne de 2024 s’était construite sur la promesse du « retour de l’abondance ». L’un des engagements était de diviser par deux les factures énergétiques des Américains en douze à dix-huit mois, en « libérant » les hydrocarbures des réglementations de l’administration Biden. Un an après, le bilan d’étape de cette politique énergétique révèle un contraste saisissant entre promesses et réalités.
Lire la tribuneÉtats-Unis : les promesses de Trump d’un âge d’or (noir) sont-elles tenables ?
Lors de son investiture, le 20 janvier 2025, Donald Trump avait proclamé : « We will drill, baby, drill ! » (en français : « Fore, chéri, fore ! ») Ce slogan résume la nouvelle orientation de la politique énergétique américaine, exploiter l’« or liquide sous nos pieds » pour conforter les États-Unis parmi les premières puissances exportatrices et faire chuter le prix de l’essence en dessous du seuil symbolique de 2 dollars le gallon (soit 1,69 euro les 3,79 litres) – un niveau atteint épisodiquement au cours des vingt dernières années.
Lire la tribuneIA : bombe énergétique ou levier écologique ?
L’intelligence artificielle pousse encore d’un cran le dilemme classique des technologies de l’information : alors que s’annonce une explosion de la demande électrique liée à cette famille de technologies, l’IA s’affirme dans le même temps comme une « boîte à outils » pour la lutte contre le changement climatique.
Lire la tribuneOPEP+ : Donald Trump ranime une coalition laminée par sa politique de « puissance énergétique »
Le dimanche 12 avril 2020 constituera une date dans l’histoire, plus que centenaire, de l’industrie pétrolière : les négociations engagées le jeudi précédent sous l’égide de l’OPEP+ ont abouti à un accord de réduction de la production de pétrole de près de 10 millions de barils par jour – soit environ 10% de l'approvisionnement mondial – avec une perspective d’efforts collectifs à poursuivre jusqu'en avril 2022 – les restrictions décroissant jusqu’à environ 6 millions de barils par jour à partir de janvier 2021. Ces réductions représentent un ordre de grandeur deux fois supérieur aux coupes opérées au moment de la crise financière, à la fin des années 2000.
Lire la tribuneDonald Trump et l'énergie : le pire n'est jamais sûr...
En 2008, le parti républicain américain avait fait de l’extraction tous azimuts (le fameux « Drill, baby, drill ») un des slogans de la campagne présidentielle d’alors. En 2016, Donald Trump aura poussé bien plus loin la revendication d’un recours décomplexé aux énergies fossiles, au déploiement des infrastructures de leur transport (notamment le projet Keystone XL acheminant le pétrole issu des sables bitumineux d’Alberta jusque dans le Golfe du Mexique), le tout sur un fond d’un climato-scepticisme qui, énoncé sans retenue, confine au climato-négationniste.
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