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Perspectives du raffinage à l’horizon 2035

  • Source : IFP Énergies nouvelles

Dans le contexte des transitions énergétiques en cours, l’industrie du raffinage se trouve confrontée à de nombreuses incertitudes et à des enjeux apparemment contradictoires, à savoir satisfaire une demande de mobilité croissante au niveau mondial tout en contribuant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Dans cette note « Panorama 2016 » publiée par IFP Énergies nouvelles, Pierre Marion et Valérie Saint-Antonin présentent les grandes tendances de l’évolution de l’industrie du raffinage d’ici à 2035, en particulier en Europe. Ils s’appuient pour ce faire sur deux scénarios : l’un relativement probable dit « de référence » et le second, dit « vert », dans le cadre d’un renforcement volontariste des politiques environnementales.

D’ici à 2035, le scénario de référence prévoit un accroissement de 11% de la demande de brut « raffinable » par rapport à 2014. Les capacités de raffinage devraient fortement se relocaliser dans les zones où la croissance de la consommation est la plus forte, en particulier en Asie où la demande de produits pétroliers devrait augmenter de 41% d’ici 2035. Ce continent devrait ainsi peser pour 44% de la consommation mondiale de produits pétroliers en 2035 contre 32% en 2010. A l’inverse, les zones « matures » comme l’Europe ou les États-Unis devraient voir leur part dans la demande mondiale réduite à près de 30% en 2035 contre 45% environ un quart de siècle plus tôt.

Le déclin « inéluctable » du raffinage européen est par ailleurs quantifié : selon IFP Énergies nouvelles, il pourrait être « amené à reculer de 25% à 35% » d’ici à 2035, soit un recul supérieur de 10 points à celui de la consommation intérieure (baisse qui est entre autres due aux directives européennes relatives à la qualité des carburants et aux énergies renouvelables). Dès lors que les raffineries ne peuvent pas supporter un taux d’utilisation inférieur à 75/80% (taux plancher atteint dans l’Union européenne depuis 2010), toute nouvelle baisse d’activité se traduira mécaniquement par des fermetures de sites. 

Un rééquilibrage de la consommation européenne de carburants routiers en faveur de l’essence et l’adoption de réglementations environnementales plus contraignantes dans d’autres zones du monde (notamment au Moyen-Orient et dans les pays d’ex-URSS) pourraient permettre de freiner ce déclin du raffinage européen. A l’heure actuelle, précisons que les raffineries européennes émettent 0,29 tonne de CO2 par tonne de brut raffiné en moyenne, contre 0,35 tonne de CO2 dans le reste du monde.

Sur la période 2010-2035, IFP Énergies nouvelles estime que les investissements mondiaux requis dans l'industrie du raffinage pourraient avoisiner 300 milliards de dollars(1), soit 12 milliards par an (en retrait par rapport aux 23 milliards d'investissements annuels sur la période 1999-2008). Les biocarburants devraient capter près de 14% de ces investissements (et près de 30% dans le cas du scénario « vert »).

Lire l'étude :
Le raffinage dans le futur
Sources / Notes
  1. Ce montant exclut les dépenses de maintenance et de renouvellement des anciennes unités.

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