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Dans la Drôme, EDF exploite 4 réacteurs nucléaires dans la centrale du Tricastin (©photo)

Présentation

Le groupe Electricité de France (EDF) est la principale entreprise de production, de transport et de fourniture d’électricité en France. Depuis 2004, le groupe français est une société anonyme à capitaux publics.

La société intervient sur l’ensemble des métiers de l’électricité. Sa production d’électricité est caractérisée par la prépondérance de l’énergie nucléaire. EDF est le premier producteur électronucléaire mondial (selon les dernières données de l'année 2012).

Dans la Drôme, EDF exploite 4 réacteurs nucléaires sur la centrale du Tricastin (©2012)

Dans la Drôme, EDF exploite 4 réacteurs nucléaires dans la centrale du Tricastin (©photo)

Fonctionnement technique ou scientifique

Les activités d'EDF peuvent être regroupées en 4 secteurs :

1.    Ingénierie

Le secteur de l'ingénierie regroupe les activités de conception, de construction et d'exploitation-maintenance des unités de production électrique. Elle est également chargée du développement des produits et des services nécessaires au fonctionnement, à la maintenance et à la modernisation des centrales afin d'assurer la qualité et la sûreté de l'exploitation électrique. De plus, le secteur de l'ingénierie planifie et accompagne la déconstruction des centrales après leur mise à l'arrêt.

2.    Amont : production électrique

Le secteur amont d'EDF regroupe les activités de production électrique. EDF produit son électricité à partir de centrales électriques utilisant différents types d'énergie :

Production nucléaire

EDF est le 1er exploitant nucléaire au monde, avec une puissance installée de 74,6 GW à fin 2012. Il exploite en France un parc de 58 réacteurs (puissance installée de 63,1 GW). En 2012, 86,8% de l'énergie produite en France par EDF était d'origine nucléaire.

EDF a également conçu avec Areva le premier réacteur nucléaire de type EPR. Il est le maître d'ouvrage et l'architecte industriel de l'EPR actuellement en construction à Flamanville.

Production thermique

En France en 2012, 4,1% de la production d'électricité d'EDF provient des centrales thermiques à flamme, à base de charbon, de gaz et de fioul (puissance installée de 16,3 GW). A l'international, EDF a une puissance installée de 37,8 GW à fin 2012.

Les centrales thermiques servent de compléments aux installations nucléaires et permettent à EDF de répondre aux fluctuations quotidiennes de la demande en énergie.

Production hydraulique

L'eau est la 1e des ressources renouvelables exploitées par EDF avec 21,9 GW de puissance installée en France. L'hydraulique a généré près de 9% de l'électricité produite en 2012 par le groupe en France. Le parc français est composé de 640 barrages (dont 150 de plus de 20 m de haut) et 435 centrales hydroélectriques. EDF utilise l'énergie hydroélectrique soit de façon continue, « en base », soit en réponse aux fluctuations périodiques de la consommation électrique (saisonnières, hebdomadaires ou quotidiennes).

Production à partir d'énergies renouvelables (hors hydraulique)

A travers ses filiales spécialisées, EDF exploite également les autres énergies renouvelables : la biomasse, l'éolien, le solaire, les énergies marines et la géothermie. EDF s'appuie notamment sur ses filiales EDF Energies Nouvelles (filiale d'EDF à 100%), Tiru (filiale d'EDF à 51%) et Dalkia (filiale d'EDF à 34%). Les énergies renouvelables ont généré 0,1% de l'électricité produite en 2012 par EDF en France (0,5 TWh) et 1,9% de l'électricité produite par EDF dans le monde (12,4 TWh).

3.    Négoce d'énergie

La filiale, à 100% d'EDF, EDF Trading est chargée des activités de négoce d'énergies. Elle achète et vend de l'électricité, du gaz naturel et des combustibles fossiles sur les marchés de gros en fonction des besoins et de la production d'énergie. En 2012, elle a entre autres négocié 3 130 TWh d'électricité et 381 millions de tonnes de certificats d'émission de CO2.

4.    Aval : transport et distribution de l'électricité

L'activité aval consiste à transporter et à distribuer l'électricité produite jusqu'aux consommateurs finaux. En France, l'activité de transport-distribution est assurée par 2 filiales d'EDF : RTE (filiale à 100% d'EDF) pour le transport de l'électricité et ERDF (filiale à 100% d'EDF) pour la distribution. RTE et ERDF ont pour mission première de sécuriser l'alimentation électrique des consommateurs du territoire national.

Si ces deux sociétés sont bien des filiales d'EDF pour ce qui concerne la propriété du capital, elles appartiennent toutes les deux au domaine régulé du secteur électrique. Elles doivent donc acheminer l'électricité pour tous les acteurs du marché de façon neutre sans en privilégier aucun. Leurs activités sont contrôlées par la Commission de Régulation de l'Energie (CRE) et les tarifs de vente de leurs services sont fixés par les pouvoirs publics. Leur gestion est totalement indépendante de celle d'EDF et les fichiers de clientèle sont disjoints.

   Le transport : gérés par RTE, les réseaux de transport acheminent l'électricité des centrales d'EDF vers les grandes zones de consommation, les agglomérations et les grandes entreprises. Ils sont constitués de 105 000 km de lignes électriques à haute tension et à très haute tension, entre 50 000 volts et 400 000 volts.

   La distribution : gérés par ERDF, les réseaux de distribution reçoivent l'électricité des réseaux de transport et la distribuent aux consommateurs et aux petites entreprises. Leurs lignes sont à moyenne tension (MT) et à basse tension (BT), entre 230 volts et 20 000 volts. En France, ils sont constitués de près de 1,3 million de km de lignes MT (ou « lignes HTA ») et BT (5 % de l'énergie est toutefois acheminée par des distributeurs locaux dans les mêmes conditions techniques).

En Europe, plusieurs sociétés filiales d'EDF distribuent de l'électricité, comme EDF Energy (EDF 100%) au Royaume-Uni, Edison (EDF > 80%) en Italie, SSE (EDF 49%) en Slovaquie ou encore Demasz (EDF 100%) en Hongrie.

Enjeux par rapport à l'énergie

Avenir du nucléaire

Après l’accident de Fukushima en mars 2011, l’AIE a divisé par deux son hypothèse d’expansion de 360 GW nucléaires supplémentaires dans le monde d’ici à 2035. Certains projets d’EDF dans le nucléaire pâtissent de cet accident : des projets de construction d’EPR en Allemagne et en Italie ont été annulés et d’autres projets sont différés, notamment aux Etats-Unis et en Chine. En France, le projet d’EPR à Penly est également mis en attente. La construction de deux EPR au Royaume-Uni à Hinkley Point a toutefois été conclue en octobre 2013.

De plus, les vérifications de sûreté initiées sur toutes les installations nucléaires dans le monde à la suite de Fukushima ont entraîné des exigences supplémentaires à l’égard de la sûreté des centrales dont EDF souhaite prolonger l’exploitation.

En résumé, les travaux qu’EDF est amené à engager suite à l’audit de ses centrales nucléaires, les mises aux normes et le rehaussement du référentiel de sûreté nucléaire, généreront des surcoûts importants pour EDF.

Développement à l’international

EDF tente de renforcer sa présence en Europe. Le groupe est devenu le premier investisseur étranger au Royaume-Uni grâce à son acquisition de British Energy en 2009. EDF se développe également en Italie, en Suisse et au Benelux.

L’échec de l’appel d’offres d’Abou Dabi en 2010 a mis en exergue, à l’époque, un certain manque de compétitivité de la filière nucléaire française sur la scène internationale, avec une offre EPR présentée comme très sécurisée mais chère et un certain manque de coordination entre Areva et EDF. Le fait que l’EPR intègre des dispositifs palliant des situations d’accidents très graves pourrait renforcer sa compétitivité, après l’accident de Fukushima.

Par ailleurs, le gouvernement français s’est ému des dysfonctionnements entre les acteurs industriels. Un « comité stratégique » de la filière nucléaire française a été mis en place en juillet 2011 dans le but de consolider l’action et les partenariats stratégiques entre l’électricien et le constructeur nucléaire français. Il a été placé clairement sous le leadership du président d’EDF. De nouveaux accords entre les deux groupes devraient assurer une meilleure coordination des offres et accroître l’attractivité de « l’équipe française du nucléaire » à l’étranger.

Loi Nome

La loi Nome (nouvelle organisation du marché de l’électricité), adoptée en 2010 par le Parlement français sous la pression de la Commission européenne, oblige EDF à vendre ¼ de sa production d’électricité nucléaire à des fournisseurs « alternatifs ». Cette loi a pour but de stimuler la concurrence sur le marché de l’électricité en France (dominé à 92,7% par EDF auprès des particuliers au 30 juin 2013? selon les données de la CRE) en facilitant l’implantation de concurrents, éventuellement étrangers, sur le marché français. C’est le cas du groupe russe Gazprom, qui envisage un rôle de producteur et de distributeur d’électricité en France. Le prix fixé en avril 2011 par le gouvernement  (42 €/MWh) correspond au coût de production affiché par EDF. Jugé trop élevé par les concurrents, il ne semble pas devoir stimuler réellement la concurrence en France.

Acteurs majeurs

Depuis novembre 2009, Henri Proglio est le Président Directeur Général d’EDF.

Au 31 décembre 2012, le capital d’EDF était détenu à 84,44% par l’État, à 10,34% par des acteurs institutionnels, à 3,25% par des actionnaires individuels, à 1,85% par les salariés du groupe, et à 0,12% en auto-détention.

Chiffres clés

  • EDF a réalisé un chiffre d’affaires de 72,7 milliards d’euros en 2012, dont 53,8% réalisés en France et 46,2% à l’étranger.
  • EDF compte près de 159 740 collaborateurs et 39,3 millions de clients dans le monde à fin 2012.
  • EDF a produit 642,6 TWh d’électricité dans le monde en 2012.

Zone de présence

Le groupe EDF est présent dans plusieurs pays européens, notamment :  

  • en France : puissance installée de 99,8 GWe à fin 2012 (hors systèmes énergétiques insulaires) ;
  • en Royaume-Uni : 14,2 GWe à fin 2012 ;
  • en Italie : 8,2 GWe à fin 2012.

La puissance installée d’EDF se répartit comme suit (à fin 2012) :

  • nucléaire : 63,3% en France, 53,6% dans le monde ;
  • thermique fossile : 16,3% en France, 27,1% dans le monde ;
  • hydraulique : 20,5% en France, 15,7% dans le monde ;
  • autres énergies renouvelables : 0,01% en France, 3,6% dans le monde.

EDF est également présent dans quelques pays hors-Europe (États-Unis, Chine, Vietnam, Laos).

Passé et présent

EDF est créée en 1946, par la loi de nationalisation des 1 450 entreprises françaises d’électricité et de gaz. Il est alors un établissement public à caractère industriel et commercial. La croissance de la consommation d’électricité double tous les 10 ans.

De la fin des années 1940 jusqu’au milieu des années 1950, EDF assure la construction d’infrastructures de production et de transport de l’électricité, notamment des ouvrages hydroélectriques. A partir de 1957, EDF développe surtout les centrales à charbon.

Avec le développement économique et celui de l’équipement des ménaqes dans les années 1960, la demande énergétique française croît rapidement. A la veille du choc pétrolier en 1973, le fioul est la 1e source d’énergie électrique en France où il remplace le charbon national en voie d’épuisement.

A la suite de la première crise pétrolière de 1973, la France décide de se tourner vers la production nucléaire pour remplacer les processus de consommation « à flamme » et donc limiter les importations de pétrole. Ainsi, la percée des processus électriques dans le secteur domestique (le chauffage électrique) comme dans l’industrie, associée à la construction des centrales nucléaires, a permis de substituer cette énergie aux combustibles fossiles importés.

A partir de 1996, le secteur électrique en Europe est soumis à un régime de concurrence de la production et de la commercialisation. Les années 1990 - 2000 sont donc marquées par l’ouverture des marchés électriques en Europe et par l’internationalisation d’EDF. A partir de 2004, 70% du marché français de l’électricité est ouvert à la concurrence, suivie de l’ouverture totale des marchés de l’énergie. Pour répondre à ce changement, EDF devient en 2004 une société anonyme et entre en bourse en 2005.