Areva Olkiluoto 3

Réacteur EPR conçu par Areva (sur la gauche), centrale d'Olikluoto en Finlande (©TVO)

Présentation

Créé en 2001, Areva est un groupe industriel français spécialisé en énergétique. Ses activités sont principalement liées à l’énergie nucléaire dont il est le leader mondial. Il se développe également dans le secteur des énergies renouvelables (biomasse, énergie éolienne, énergie solaire et hydrogène). Le groupe met en avant son souhait de fournir à ses clients des solutions pour produire de l’électricité sans émissions de CO2.

Areva est structuré par métiers, en 5 Business Groups (BG).

Areva est un groupe international dont le réseau industriel s’étend dans plus d’une quarantaine de pays. Il commercialise ses produits dans une centaine de pays. En mars 2015, le groupe a toutefois annoncé une perte nette de 4,8 milliards d'euros en 2014 (son chiffre d'affaires a atteint 8,3 milliards d'euros en 2014). Fin juillet 2015, un accord a été signé avec EDF pour que l'électricien prenne le « contrôle majoritaire » de la branche réacteurs Areva NP pour un montant de 2,7 milliards d'euros.

Activités

Areva a organisé les 5 Business Groups en unités opérationnelles. Chacune est dotée d’une structure de management autonome. Basée sur la subsidiarité, la décentralisation opérationnelle s’allie à une coordination globale organisée autour de 14 directions fonctionnelles (achats, communication, juridique, finance, recherche, stratégie, sûreté, etc.), chargées de suivre les performances des unités, d’assister les Comités de Direction et d’accompagner la mise en œuvre de la stratégie du groupe.

Par ailleurs, une direction « Ingénieurs et Projets », transverse aux activités nucléaires, veille aux développements des synergies en matière d’ingénierie de conduite de grands projets entre unités opérationnelles. 

BG Mines

Regroupe la recherche de nouveaux gisements, l’extraction et le traitement du minerai d’uranium, et le réaménagement des sites après exploitation. Areva est particulièrement engagé au Niger et a diversifié ses sources en Namibie et au Kazakhstan. Le groupe exploite notamment l'usine canadienne de McClean Lake qui traite l'uranium extrait de la mine de Cigar Lake.

Areva est actuellement leader mondial de la production d’uranium (9 330 tonnes d'uranium en 2013). Regroupant un effectif de 3 915 personnes, le BG Mines a réalisé 16% du chiffre d’affaires du groupe en 2014.

BG Amont

Regroupe l’ensemble des métiers précédent la production d’électricité nucléaire :

  • la chimie de l’uranium naturel et du fluor pour la conversion en tétrafluorure (site de COMURHEX – Malvési) puis en hexafluorure (COMURHEX – Tricastin). Aujourd’hui, tous les procédés d’enrichissement fonctionnent en utilisant l’UF6.
  • l’enrichissement pour porter de 0,7% à 3 - 5% la concentration en uranium 235. Areva exploite la diffusion gazeuse (usine Georges Besse I) et la centrifugation (Georges Besse II – 2009).
  • la fabrication du combustible : la matrice du zirconium, matériau clé des assemblages d’uranium enrichi, fait d’Areva (Business Unit Combustibles) un leader mondial du combustible nucléaire pour les réacteurs à eau légère.

Avec un effectif de 8 080 personnes, le BG Amont a réalisé 27% du chiffre d’affaires d’Areva.     

BG Réacteurs et Services

Regroupe les activités de conception et de construction de réacteurs nucléaires, puis les produits et services nécessaires au fonctionnement, à la maintenance et à la modernisation des centrales. Il inclut la fabrication des réacteurs nucléaires de propulsion navale (Areva – PN) et les réacteurs de recherche. Il a déjà réalisé plus d’une centaine de réacteurs.

Son produit majeur est aujourd’hui l’EPR, réacteur de forte puissance (1 650 MW) dont quatre exemplaires sont en construction. Deux autres réacteurs (Atmea-1/1100 MW avec Hitachi, Kerena-1250 MW) complètent la gamme.

Avec un effectif de 14 745 personnes, le BG Réacteurs et Services a réalisé 37% du chiffre d’affaires d’Areva. C'est cette branche qui va être intégrée au sein du groupe EDF, dans le cadre de la refondation de la filière nucléaire française.

BG Aval

Assure la gestion de fin de cycle des combustibles usés, leur recyclage, la logistique associée, l’assainissement et la valorisation des sites nucléaires démantelés. Areva est le leader mondial du cycle ouvert (stockage) et fermé (recyclage MOX).

Avec un effectif de 12 325 personnes, le BG Aval a réalisé 18% du chiffre d’affaires d’Areva.

BG Energies renouvelables

Areva développe son activité vers 4 énergies renouvelables : l’éolien, le solaire, les bioénergies et l’hydrogène.

  • En éolien, Areva vise le marché « offshore » avec des éoliennes de forte puissance (5 à 8 MW) conçues pour le milieu marin (mât de 130 mètres, pales de 116 mètres pesant chacune 16,5 tonnes, poids total de 300 tonnes).
  • En solaire, Areva Solar a choisi la technologie thermodynamique CLFR (réflecteur à miroirs de Fresnel linéaires), pour produire de l’électricité et de la vapeur.
  • En bioénergie, Areva construit des centrales utilisant une grande variété de combustibles ordinaires (balles de riz, bois, paille, bagasse, etc.).
  • Pour l’hydrogène, Areva propose une production sans CO2, par électrolyse de l’eau alimentée par l’électricité nucléaire, ou en associant hydrogène et pile à combustible.
Enjeux par rapport à l'énergie

Les enjeux du groupe Areva sont étroitement liés aux mutations économiques et sociétales de l’énergétique mondiale.

Assurer la transition énergétique mondiale

La lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et la volonté d’indépendance énergétique suscitent un regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire.

Parmi les caractéristiques de l’énergie nucléaire :

  • elle possède une exceptionnelle densité : 1 gramme d’uranium peut produire la même quantité d’électricité que 2,5 tonnes de fioul ou 3 tonnes de charbon ;
  • son fonctionnement s’effectue sans émission de gaz à effets de serre (GES) ;
  • ses réserves de combustibles sont géographiquement réparties. Elles sont par ailleurs abondantes puisque d’un siècle au minimum aujourd’hui, elles deviendront multimillénaires (en exploitant l'uranium 238 fertile) dès que les réacteurs surgénérateurs en cours de développement seront capable de recycler les déchets accumulés par les centrales actuelles tout en consommant moins de matériaux fissiles.

Maîtriser le coût et la sécurité des procédés et des installations 

Les conditions d’exploitation présentent encore plusieurs limites :

  • l’énergie nucléaire de fission reste aujourd’hui gourmande en capitaux, avec des retours sur investissements lointains ;
  • la sûreté nucléaire exige une rigueur sans failles ;
  • les risques de prolifération sont difficiles à éliminer totalement ;
  • pour le moment, ses déchets sont encore encombrants et dangereux, conséquence des rendements faibles de la filière choisie pour les réacteurs actuels (neutrons lents) il y a maintenant plus de 50 ans.
Acteurs majeurs

Le CEA (Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives) est le principal actionnaire(1) du groupe (54,37% début 2015). L’Etat est directement actionnaire à 28,83%. Le rôle de l’Etat dans les activités d’Areva est cependant majeur dans la mesure où la France est le pays le plus nucléarisé au monde par rapport au nombre d'habitants.

L’Etat peut notamment interférer dans les activités stratégiques du groupe à travers les autorités de tutelle du nucléaire (ASN, IRSN, Andra) et EDF qui est le maître d’œuvre de la production et de la distribution de l’électronucléaire.

Chiffres clés
  • Chiffre d'affaires d'Areva en 2014 : 8 336 millions d'euros
  • Résultat net en 2014 : - 4 834 millions d'euros
  • Effectifs dans le monde à fin 2014 : 41 847 personnes
Passé et présent

Le groupe Areva est le fruit de la fusion de CEA Industrie, de Framatome-ANP et de Cogema (Compagnie générales des matières nucléaires) le 3 septembre 2001. Le nom « Areva » a été inspiré par l’abbaye cistercienne d’Arevalo en Espagne.

La branche Areva T&D (Transmission et Distribution d’Electricité) a été achetée à Alstom le 9 janvier 2004, mais le 7 juin 2010, Areva a revendu Areva T&D à Alstom et Schneider Electric.

En 2007, Areva rachète pour 1,8 milliard d'euros la société canadienne Uramin d'exploitation d'uranium. Cette opération a causé d'importantes pertes au groupe en raison d'une surévaluation des ressources de minerai alors qu'Areva voulait sécuriser son approvisionnement.

Le 30 juin 2009, Areva a décidé l’augmentation de son capital de 15 % et de la mise en vente de sa filiale de transmission et distribution d'électricité (T&D). Cette ouverture du capital d’Areva diminue la part de l’Etat à hauteur de 78% de son capital contre 93% jusqu’à cette date.

En juin 2011, l’Etat a décidé de ne pas reconduire Anne Lauvergeon à la direction d’Areva. La présidente historique du directoire d’Areva a été remplacée par Luc Oursel, directeur général délégué du groupe, officiellement entré en fonction le 1er juillet 2011.

Lundi 20 octobre 2014, Luc Oursel, quitte ses fonctions pour des raisons de santé, près de trois ans et demi après sa nomination à la tête du groupe nucléaire public.

Le 8 janvier 2015, huit administrateurs ont été nommés en assemblée générale, dont Philippe Varin, qui devrait présider le conseil, et Philippe Knoche, qui assurait à titre transitoire la direction du groupe. A cette date, une direction à conseil d'administration remplace l'ancienne structure d'Areva (à directoire et conseil de surveillance).

Fin juillet 2015, Areva a signé avec EDF un protocole d'accord qui prévoit notamment « un contrôle majoritaire » par l'énergéticien d'Areva NP regroupant les activités de construction et de services aux réacteurs.

Futur

Pour consolider son leadership mondial dans le nucléaire, le groupe Areva qui est présent dans plus de 100 pays, souhaite se doter d’une dimension internationale durable. Areva développe ainsi de nombreux partenariats avec des clients étrangers producteurs d’électricité, et s’associe à d’importants projets énergétiques internationaux. Début 2011, un accord avec la Chine pour le développement de centrales de moyenne puissance, dans le cadre d’un partenariat stratégique avec EDF et de la filialisation dela BG Mines, ont fixé un nouveau cadre à l’expansion internationale d’Areva.

Il reste à Areva à surmonter deux obstacles majeurs :

  • l’accident nucléaire de Fukushima a mis en évidence les risques intrinsèques attachés à la densité énergétique du nucléaire, qui ne peut s’accommoder que d’une sûreté globale, au delà du seul réacteur. Or, c’est EDF qui en France a cette compétence système. La crédibilité d’Areva à l’international suppose donc un partenariat leur assurant le soutien total du systémier électronucléaire français EDF.
  • l’EPR, produit phare d’Areva, a souvent été jugé trop complexe et trop cher. Le chantier d'Olkiluoto en Finlande n'est toujours pas terminé alors que sa mise en service était initialement prévue mi-2009.

L’avenir du groupe dépend également de sa capacité à relever les défis mondiaux et notamment la réduction des émissions de CO2. Aux côtés du nucléaire, le groupe a attaqué les marchés de l'éolien (notamment l’offshore), de la biomasse et de l’énergie solaire.

Lors de la présentation de ses résultats de 2014(2), Areva a annoncé sa volonté de refondre son partenariat avec EDF et de renforcer sa présence en Chine. Le groupe a également annoncé un plan de compétitivité censé lui rapporter 1 milliard d'euros de gains opérationnels par rapport à 2014.