Tarifs à la pompe et mécanisme d’ajustement
Les autorités ont augmenté de 5 takas par litre les prix de l’essence et du kérosène, désormais affichés entre 135 et 145 takas à la pompe, tandis que le prix du diesel demeure inchangé. Une notification de la Division de l’Énergie et des ressources minérales fixe les nouveaux niveaux à 145 takas pour l’octane, 140 pour l’essence et 135 pour le kérosène, avec un diesel maintenu à 115 takas.
Cette révision s’applique à compter du 1er juin 2026 et intervient, selon la même source, dans le cadre du dispositif d’indexation automatique des prix des carburants instauré en 2024, qui ajuste mensuellement les tarifs domestiques en fonction des cours internationaux et du taux de change. D’après Reuters, il s’agit du deuxième relèvement en six semaines.
Approvisionnements via Ormuz et pression inflationniste
Le Bangladesh importe 95 % de ses besoins en pétrole et en gaz, en grande partie du Moyen-Orient. Depuis la fin février 2026, plusieurs armateurs, majors et négociants ont suspendu leurs traversées du détroit d’Ormuz après l’ouverture d’opérations militaires américaines et israéliennes contre l’Iran, selon Reuters. D’après Le Monde, les transits quotidiens dans le détroit sont tombés autour de 10 navires par jour, contre 120 à 150 avant la crise.
Face aux tensions d’approvisionnement, les autorités ont rationné la distribution des carburants, relevé les tarifs (y compris du gaz et de l’électricité) et imposé des mesures de sobriété. Elles indiquent étudier une nouvelle hausse des tarifs de l’électricité alors que la demande atteint un pic au début de l’été. L’inflation ressort à 9,04 % en glissement annuel en avril 2026, selon le Bureau bangladais des statistiques.
Dépendance et leviers de diversification
Dacca a sollicité en mars 2 milliards de dollars de prêts d’urgence auprès d’institutions financières internationales afin d’honorer ses factures d’énergie. Pour réduire sa dépendance aux importations, le pays a lancé un appel d’offres pour l’exploration pétrolière et gazière offshore.
Le gouvernement mise aussi sur l’entrée en service prochaine de la centrale nucléaire de Rooppur. Selon l’Autorité de sûreté (BAERA), la licence de mise en service pour le chargement du combustible de l’unité 1 a été délivrée en avril 2026 et une première injection d’électricité au réseau est visée d’ici la fin de l’année.