Bretagne: des oiseaux souillés par un pétrole similaire à celui de l'Erika

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Des oiseaux souillés par un fioul présentant des similitudes avec celui du pétrolier Erika, échoué en 1999 au large de la Bretagne, ont été retrouvés sur les plages du Finistère, a-t-on appris jeudi du Cedre, centre spécialisé dans les pollutions accidentelles des eaux.

Ces oiseaux mazoutés ont été recueillis par la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et leurs plumes envoyées pour analyse au Cedre, a indiqué le centre à l'AFP, confirmant une information de RTL.

"Il y a de fortes similitudes avec le fioul de l'Erika", a précisé Nicolas Tamic, directeur adjoint du Cedre, basé à Brest.

"On n'est pas sûr à 100%, ça ne matche pas parfaitement, parce que le fioul se dégrade, au fur et à mesure, en plus de 25 ans", a-t-il ajouté.

Le Cedre a déjà analysé deux plumes et doit en analyser plusieurs autres jeudi.

Les oiseaux, des pingouins torda et des guillemots de Troïl, ont été retrouvés principalement dans le sud du Finistère, à Fouesnant, Plouhinec, Pouldreuzic ou Saint-Guénolé.

Les deux morceaux de l'épave de l'Erika, éloignés de 10 km l'un de l'autre, gisent à environ 120 mètres de profondeur, à une cinquantaine de kilomètres au sud de la pointe de Penmarc'h (Finistère).

Le pétrole de l'épave avait été pompé à l'époque mais "quand un bateau est pompé, on ne peut pas le pomper intégralement", explique M. Tamic. "Il reste toujours ce qu'on appelle des impompables, c'est-à-dire des petites poches de carburant résiduel qui sont dans des endroits inatteignables par les services chargés de récupération de type de produits".

"Avec le temps qui s'écoule, les mouvements océaniques, les tempêtes, on peut avoir des évolutions de la structure et des libérations de fioul dans l'environnement", a-t-il ajouté.

Un "dispositif de surveillance et d'intervention" autour de l'épave "est étudié", a indiqué à l'AFP le capitaine de frégate Guillaume Le Rasle, porte-parole de la préfecture maritime de l'Atlantique.

"Si on veut objectiver les choses, il va falloir aller regarder", a-t-il ajouté, sans donner plus de précision sur la date de déploiement de ce dispositif, soulignant qu'il s'agit de "moyens très sollicités" et d'une "logistique lourde" pouvant faire intervenir des plongeurs ou un véhicule sous-marin téléopéré (ROV).

Le 12 décembre 1999, l'Erika, affrété par Total, avait sombré en libérant environ 20.000 tonnes de fioul lourd, qui avaient souillé les côtes françaises sur environ 400 kilomètres, provoquant la mort de 150.000 à 300.000 oiseaux.

aag/ban/sla

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