Chypre: la flotte turque « menace » un navire de forage italien

  • AFP
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Cinq navires de guerre turcs ont menacé vendredi un bateau italien qui tentait de mener à bien des travaux d'exploration gazière au large des côtes de l'île divisée de Chypre, ont indiqué des responsables chypriotes.

Le navire du groupe italien Eni est bloqué en mer depuis le 9 février près de la partie de l'île occupée par l'armée turque, Ankara invoquant "des manoeuvres militaires" dans ce secteur. "En route vers le bloc 3, il a été bloqué par cinq navires de guerre turcs, et après les menaces de recours à la force (...), il a été obligé de faire marche arrière", a affirmé Victoras Papadopoulos, un porte-parole du gouvernement, à l'agence de presse chypriote CNA.

Le PDG d'Eni, Claudio Descalzi, a déclaré à la presse en Italie que sa compagnie n'abandonnerait pas l'exploration au large de Chypre, même si elle attend une solution diplomatique pour reprendre ses activités. "Il est très probable que dans les prochains jours, nous devions diriger" le navire vers un autre pays, a-t-il ajouté.

Le ministre chypriote de l'Energie George Lakkotrypis a indiqué à l'agence nationale que le navire devrait rester au port de Limassol pendant deux à quatre jours, pour charger et décharger du matériel, avant de se diriger vers le Maroc. Selon lui, les efforts diplomatiques ont jusqu'ici échoué. "Nous avons laissé la place à la diplomatie, espérant qu'une solution pourrait être trouvée (...). Mais cela n'a pas été possible à cause de la position de la Turquie", a-t-il affirmé à la chaîne de télévision privée Sigma.

Mercredi, le président chypriote Nicos Anastasiades avait indiqué que son pays poursuivrait l'exploration offshore malgré les menaces turques. Chypre est divisée depuis 1974. La République de Chypre, membre de l'Union européenne, n'exerce son autorité que sur les deux tiers sud du pays, le tiers nord étant géré par une autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN), uniquement reconnue par Ankara.

Le groupe français Total et Eni ont annoncé ce mois-ci la découverte d'importantes réserves gazières au sud-ouest de l'île. Mais les explorations gazières ont déclenché des tensions avec la Turquie, qui réclame leur suspension dans l'attente d'une solution à la division de l'île.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait mis en garde les compagnies internationales comptant prospecter dans les eaux chypriotes, arguant défendre les "droits inaliénables" de la communauté chypriote-turque sur les ressources naturelles de l'île.

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