
Réhabilitation d'une ligne électrique 400 kV (©OC Fims)
La CNDP (Commission nationale du débat public) a présenté ce 13 mars les enseignements du débat public sur le Schéma décennal de développement du réseau (SDDR) électrique de RTE. Un projet d'autant plus nécessaire à l'aune du contexte actuel.
La PPE 3, grande absente du débat public
Près de 6 000 personnes ont participé au débat public « Branché sur demain » qui s'est déroulé du 4 septembre 2025 au 14 janvier 2026, avec des formats variés (webinaires, réunions publiques territoriales, tables rondes, etc.).
Pour rappel, ce débat public a porté sur les orientations relatives à l’évolution du réseau de transport d’électricité à l’horizon 2040. RTE juge nécessaire d'y consacrer de l'ordre de 100 milliards d'euros d'investissements sur une durée de 15 ans, soit plus du triple des investissements prévus dans le dernier SDDR présenté en 2019.
« Si l’ampleur de ce schéma a été bien acceptée et comprise, les jeux d’hypothèses ont continué d’apporter des visions contrastées, et ce, d’autant plus que la PPE3 n’était pas encore publiée », indique la CNDP. La feuille de route énergétique n'a en effet été publiée que le 12 février dernier. Cette publication structurante sera suivie au printemps d'un plan pour l'électrification des usages qui se veut structurant pour stimuler la consommation d'électricité.
Quel impact sur les factures d'électricité ?
Au terme du débat public, la CNDP indique un besoin de clarifications sur différents points, à commencer par les hypothèses du schéma de développement, notamment en matière d'évolution de la consommation (« les contestations des hypothèses retenues ont été nombreuses »). Avec in fine la question suivante : « Faut-il construire ou reconstruire autant d'infrastructures ? ».
Le modèle économique de ces investissements a également « été largement interrogé, notamment sur l’impact direct de ceux-ci sur les factures des différents usagers et sur les raccordements de nouvelles sources d’énergie renouvelable et d’éventuelles mises en souterrain ».
Lors de la restitution à la presse, Francis Beaucire, président de la commission particulière en charge de l’animation du débat public, a indiqué qu'aucun « soulèvement populaire » ne s'était fait sentir au sujet de l'impact sur les factures. Une augmentation des factures de 1 % par an pourrait être imputée au développement du réseau selon lui. Mais reste à savoir « pendant combien d'années » ?
Une visibilité sur 15 % du territoire
La CNDP mentionne par ailleurs aussi la préoccupation des publics interrogés sur la santé humaine et animale, mais aussi sur un traitement sur un pied d'égalité des projets de développement du réseau dans les territoires. En l'occurrence, si le schéma de développement de RTE « se comprend bien à l’échelle nationale ; lorsqu’il descend à des échelles plus fines, il se retrouve confronté à d’autres programmations territoriales (SRADET, SCoT etc…) et cette confrontation n’est pas encore totalement arbitrée, notamment dans les zones autres que prioritaires pour RTE ».
Soulignons enfin que l’adaptation au changement climatique du réseau est clairement « apparue comme une nécessité » lors de la consultation du public. La population est directement concernée par la modernisation et l'extension du réseau de RTE sachant que celui-ci est « présent dans une commune sur deux et visible sur 15 % du territoire métropolitain », rappelle le compte rendu de ce débat public.
Consulter la synthèse de la CNDP du compte rendu du débat public (mars 2026)