A Chypre, l'UE tente de peser pour la désescalade au Moyen-Orient

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Sans véritables leviers face à la guerre au Moyen-Orient, les Européens ont tenté de peser en faveur de la désescalade vendredi, en recevant à Chypre les présidents du Liban, de l'Egypte, de la Syrie et le prince héritier de Jordanie.

Huit semaines après les premières frappes américaines et israéliennes en Iran, les dirigeants de l'UE ont pris cette initiative afin de conjurer les reproches d'impuissance qui leur sont régulièrement adressés.

La rencontre a d'abord servi à réaffirmer leur soutien "sans faille au Liban et à sa souveraineté", a dit le président du Conseil européen Antonio Costa, sur fond de fragilité du cessez-le-feu avec Israël.

A sa droite, le président libanais Joseph Aoun a souligné les "défis humanitaires et économiques" considérables de son pays, qui ne s'était pas "encore remis de crises successives" quand cette nouvelle guerre est arrivée.

Antonio Costa a en outre appelé l'Iran à rouvrir immédiatement et "sans péage" le détroit d'Ormuz. "C'est vital pour le monde entier", a-t-il martelé.

Le conflit a eu un impact considérable sur l'économie européenne, dont la facture pour s'approvisionner en pétrole et en gaz a bondi de 24 milliards d'euros.

Pour contribuer à la désescalade, l'UE pourrait élargir la portée de sa mission de protection du trafic maritime, Aspides, et la transformer en "une coordination maritime interarmées" plus "sophistiquée", a proposé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

A l'origine, cette mission navale de l'UE, composée de trois bâtiments de guerre, était conçue pour protéger les navires marchands en Mer rouge, face au risque d'attaques des rebelles houtis, alliés de l'Iran.

Avec les pays de la région, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen voudrait aussi que l'UE accentue la lutte antidrones, grâce à une "coopération structurelle" pour "accroître la production de défense".

- Rapprochement avec la Syrie -

Sans annonce majeure, la réunion à Chypre avait tout du symbole. Des bases de l'Otan y avaient été ciblées par des drones de fabrication iranienne au début du conflit.

Et ce pays de Méditerranée orientale est un pont entre l'Europe et le Moyen-Orient, a insisté son président Nikos Christodoulides.

"L'Europe doit s'engager encore davantage" au Moyen-Orient, avait dit plus tôt Emmanuel Macron.

"Nous avons tous intérêt" à ce que la stabilité revienne "le plus vite possible", a souligné le président français, dans ce qui ressemblait à une réponse à Donald Trump, qui a récemment assuré avoir tout son temps pour négocier une paix avec l'Iran.

La France est prête à organiser une conférence de soutien aux forces armées libanaises au moment où Beyrouth le jugera opportun.

Le rendez-vous de Nicosie a aussi consacré le rapprochement des Européens avec le président syrien Ahmed al-Chareh.

Bruxelles s'apprête à accueillir le 11 mai le premier dialogue politique à un haut niveau entre la Syrie et l'Union européenne, ouvrant la voie à un possible accord d'association.

"Nous continuerons à soutenir la relance de l'économie syrienne et la réconciliation de sa société", a affirmé Ursula von der Leyen.

Ahmed al-Chareh s'est réjoui de ce "grand événement" à venir afin de "consolider le rôle de la Syrie en tant que partenaire stratégique" de l'UE.

Ancien rebelle jihadiste, le président syrien a renversé Bachar el-Assad en décembre 2024 et multiplie depuis les déplacements pour replacer son pays sur la scène internationale.

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