« Coup de grâce » pour Cuba, confrontée à une nouvelle panne massive d'électricité

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les habitants d'une grande partie du territoire de Cuba, dont La Havane, s'apprêtent à passer une nuit sans courant mercredi après une nouvelle panne sur le réseau national, au moment où ils subissent déjà au quotidien l'impact de l'étranglement énergétique imposé par les États-Unis.

Sortie du réseau de la centrale Antonio Guiteras

L'île de 9,6 millions d'habitants est soumise depuis plus de deux ans à des coupures massives récurrentes, dont certaines ont affecté l'ensemble de l'île. Mais cette nouvelle panne intervient dans un contexte particulièrement tendu en raison de la crise énergétique aiguë qui touche l'île, mise sous pression par Washington.

"Une déconnexion du système national s'est produite" dans l'ouest et le centre du pays, a annoncé la compagnie nationale d'électricité (UNE) sur les réseaux sociaux. "La déconnexion est due à une sortie inattendue (du réseau) de la centrale thermoélectrique Antonio Guiteras", située dans l'ouest de l'île, a ajouté la compagnie.

Outre les coupures géantes récurrentes, la population subit aussi de très longs délestages quotidiens qui se sont aggravés après la capture en janvier du président vénézuélien Nicolas Maduro et la fin des envois, sous pression de Washington, de pétrole vénézuélien à destination de l'île. La capitale cubaine a connu ces derniers jours des délestages de plus de 15 heures, qui peuvent durer plus d'une journée en province.

Aucun bateau chargé de pétrole n'est officiellement entré à Cuba depuis le 9 janvier, ce qui a forcé les autorités à prendre des mesures drastiques: suspension de la vente de diesel, rationnement de l'essence, réduction de l'offre de soins dans les hôpitaux, cours universitaires à distance, télétravail. Le transport public a été aussi fortement réduit et les prix du transport privé et des aliments ont connu une hausse importante.

Suspension des vols d'Air France

Pour Damian Salvador, 51 ans, père d'un bébé de six mois, c'est le "coup de grâce". "Tout ce que tu as au frais (dans le frigo) se gâte : la viande, le lait du bébé, tout", explique cet homme sorti acheter quelques bougies pour la nuit.

"C'est une situation vraiment pénible et compliquée pour réussir à conserver la nourriture", renchérit Beatriz Barrios, 47 ans, employée dans le tourisme, un secteur également fortement affecté par les sanctions américaines.

Mercredi, Air France a annoncé qu'elle allait suspendre ses vols vers La Havane en raison de la pénurie de kérosène sur l'île, à partir de fin mars et au moins jusqu'à la mi-juin. D'autres compagnies internationales avaient déjà annoncé la suspension de leur desserte il y a plusieurs semaines.

Pour justifier cette politique de pression, Washington invoque une "menace exceptionnelle" que ferait peser Cuba, île caribéenne située à seulement 150 km des côtes de la Floride, sur la sécurité nationale américaine. La Havane accuse le président américain Donald Trump de vouloir "asphyxier" l'économie de l'île, sous embargo américain depuis 1962 et qui a subi ces dernières années un renforcement des sanctions américaines.

Un « acte inamical et sans précédent » de l'Équateur

Les huit centrales thermoélectriques du pays, presque toutes inaugurées dans les années 1980 et 1990, tombent régulièrement en panne ou doivent être arrêtées pour de longues semaines de maintenance. Le manque de carburant contribue aussi aux fréquentes coupures.

Entre le 1er janvier et le 15 février, la disponibilité d'électricité a baissé de 20% dans le pays par rapport à 2025, année au cours de laquelle Cuba avait à peine satisfait la moitié de ses besoins, selon des chiffres officiels compilés et analysés par l'AFP.

Dans le contexte de tensions entre Washington et Cuba, l'Équateur, dont le président Daniel Noboa est un proche allié de Donald Trump, a ordonné mercredi l'expulsion de l'ambassadeur de Cuba à Quito, ainsi que de l'ensemble de la mission diplomatique. Aucune raison n'a été donnée à cette décision. Mardi, Quito avait ordonné la fin des fonctions de son ambassadeur à La Havane.

Le gouvernement communiste a dénoncé un "acte inamical et sans précédent", soulignant les "fortes pressions" exercées par Washington sur des "États tiers pour qu'ils se joignent" à la politique "d'agression des États-Unis contre Cuba".

Commentaires

Denis GOURGOUILLON
Qu'ils abandonnent comme l'on fait les pays européens le communisme et par miracle tout ira mieux
Olivier DE BOI…
je ne crois pas que cela soit la solution, face au capitalisme débridé et violent des Etats Unis, qui voient une menace de proximité par 10 millions d'habitants sur une ile ...
Régis de Nîmes
Ok, on abandonne les îlots de communisme ? On abandonne alors notre régime général de la sécurité sociale. Le statut de la fonction publique, ce qui permet de justifier dans le secteur privé le statut protecteur du CDI. Retour aux tâcherons comme au bon vieux temps du capitalisme ! Fin du code du travail, pas de limite d'âge au travail des enfants et sans plafond de durée de travail. Je rappelle juste que la définition primitive du capitalisme, c'est un revenu à l'unique condition de vendre sa force de travail. Définition qui a justifié le travail des enfants jusqu'à la fin de vie. Tout ce qui est retraite, maladie, congés, c'est à dire percevoir un revenu, sans vendre sa force de travail, est l'anti-thèse du capitalisme. C'est la bataille idéologique et les rapports de force menés et gagnés par le mouvement ouvrier socialiste pendant la fin du 19ème et le 20ème siècle, qui permet aujourd'hui de "vivre dans un capitalisme à visage humain" ! ! !

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