Des experts de l'ONU fustigent la "privation énergétique" de Cuba par les États-Unis

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le blocus pétrolier imposé depuis janvier à Cuba par les États-Unis relève d'une "privation énergétique" aux "conséquences graves" pour les droits de l'homme et le développement de l'île, ont averti jeudi des experts de l'ONU.

"Cuba est soumise à une privation énergétique imposée par les États-Unis, une situation dans laquelle le manque de carburant paralyse le fonctionnement des services essentiels nécessaires à une vie digne", ont estimé ces trois experts dans un communiqué.

Selon ces experts, qui sont mandatés par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU mais qui ne s'expriment pas au nom de l'organisation, "ce blocus illégal perturbe non seulement la vie quotidienne, mais porte également atteinte à la jouissance d'un large éventail de droits de l'homme."

Outre l'embargo américain en vigueur depuis 1962, Washington, qui ne cache pas son souhait de voir un changement de régime à La Havane, impose depuis janvier à Cuba un blocus pétrolier, n'ayant autorisé depuis lors l'arrivée que d'un seul pétrolier russe.

Déjà secouée par une profonde crise économique, l'île de 9,6 millions d'habitants a vu son activité quasiment paralysée depuis fin janvier.

Les experts estiment que le décret présidentiel pris en janvier par le président Donald Trump, basé sur "une menace extraordinaire" que représenterait Cuba pour la sécurité nationale des États-Unis, "a fortement aggravé les pénuries de carburant dans toute l'île, poussant les services essentiels au bord du gouffre".

"Si le décret fait référence à des préoccupations en matière de droits de l'homme à Cuba, il ne tient pas compte de la manière dont (...) cette mesure coercitive unilatérale porte directement atteinte à la jouissance des droits de l'homme du peuple cubain", ont-ils ajouté.

Le système de santé cubain accuserait, selon eux, un arriéré de plus de 96.000 interventions chirurgicales en attente - dont 11.000 pour des enfants - tandis que les retards dans le programme national de vaccination ont touché des milliers de nourrissons.

"En privant la population de l'énergie nécessaire au fonctionnement des services essentiels, ce décret (...) porte atteinte à ses droits à l'alimentation, à l'éducation, à la santé, ainsi qu'à l'eau et à l'assainissement", ont-ils ajouté, jugeant que "l'utilisation de la privation d'énergie comme outil de coercition est incompatible avec les normes internationales en matière de droits de l'homme".

Les trois experts indiquent avoir "officiellement fait part de leurs préoccupations au gouvernement des États-Unis" et "demandé des éclaircissements sur le fondement juridique et factuel du décret".

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