Des pourparlers entre Cuba et les Etats-Unis ont eu lieu "récemment" à La Havane

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Cuba et les Etats-Unis poursuivent leurs pourparlers malgré les tensions, des discussions ayant eu lieu "récemment" à La Havane à un haut niveau diplomatique, a confirmé lundi un responsable du ministère cubain des Affaires étrangères.

"Une rencontre entre les délégations cubaine et américaine s'est tenue récemment ici à Cuba", a déclaré au quotidien d'Etat Granma Alejandro Garcia, sous-directeur général chargé des relations bilatérales avec les Etats-Unis, confirmant des informations parues dans la presse américaine.

M. Garcia, qui a mentionné "un sujet sensible" devant être géré "avec discrétion", a indiqué que la réunion avait eu lieu à un haut niveau diplomatique: "Du côté américain ont participé des secrétaires adjoints du Département d'Etat et du côté cubain (cela s'est déroulé) au niveau des vice-ministres des Affaires étrangères".

Vendredi, le média américain Axios avait affirmé que des hauts responsables américains avaient rencontré le 10 avril à La Havane des responsable cubains, parmi lesquels Raul Guillermo Rodriguez Castro, le petit-fils de l'ancien dirigeant, Raul Castro.

Sans fonctions officielles au sein du gouvernement, celui qui fait office de chef de la sécurité de son grand-père, avait déjà été mentionné par des médias américains comme ayant rencontré des responsables proches du chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, dans le cadre de conversations secrètes.

Jeudi, la fille de Raul Castro, Mariela Castro, a déclaré à des journalistes que son père participait "aux analyses pour la prise de décisions" dans le cadre des pourparlers.

Axios, citant un responsable du Département d'Etat, avait affirmé que les diplomates américains avaient mis sur la table plusieurs exigences, notamment la libération de prisonniers politiques.

"Dans le cadre de la réunion, aucune des parties n'a fixé d'échéances ni formulé de demandes comminatoires, comme l'ont indiqué certains médias de presse américains. Tous les échanges se sont déroulés de manière respectueuse et professionnelle", a déclaré Alejandro Garcia.

"La levée du siège énergétique contre notre pays a constitué une priorité absolue pour notre délégation", a ajouté le diplomate qui a dénoncé "une punition injustifiée infligée à l'ensemble de la population cubaine".

- "Chantage" -

Il a également dénoncé le "chantage" de Washington contre les pays souhaitant exporter du pétrole à Cuba.

Les Etats-Unis et l'île communiste sont en pourparlers depuis des semaines, dans un contexte de regain de tension entre les deux voisins et ennemis idéologiques.

Outre l'embargo américain en vigueur depuis 1962, Washington, qui ne cache pas son souhait de voir un changement de régime à La Havane, impose depuis janvier à Cuba des restrictions drastiques à ses importations de pétrole. Un pétrolier russe est cependant arrivé sur l'île fin mars.

Alors que le président Donald Trump assurait depuis la mi-janvier que des discussions étaient en cours avec de hauts responsables de l'île, le président cubain, Miguel Diaz-Canel, avait fini par confirmer ces pourparlers deux mois plus tard.

La veille, La Havane avait annoncé la remise en liberté de 51 prisonniers comme preuve de "bonne volonté" à l'égard du Vatican, médiateur historique entre les deux pays, puis le 4 avril la grâce de plus de 2.000 prisonniers comme "geste humanitaire et souverain" pour la Semaine sainte.

Des ONG de défense des droits humains ont cependant dénoncé le manque de transparence dans le processus de libération. L'organisation Cubalex, basée à Miami, a indiqué récemment que sur les 51 remises en liberté annoncées, elle n'avait pu confirmer que la libération de "24 prisonniers politiques" et qu'aucun détenu pour raison politique n'avait été gracié.

En pleine tension entre les deux pays, La Havane a aussi annoncé à la mi-mars que les Cubains de l'étranger et leurs enfants, en particulier la communauté émigrée aux Etats-Unis, pourraient investir sur l'île et y détenir des entreprises dans de nombreux secteurs, y compris l'agriculture et les banques.

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, lui-même d'origine cubaine et fervent opposant au pouvoir communiste à La Havane, avait jugé que ces mesures étaient loin d'être "suffisantes" et appelé à un changement économique et politique "radical".

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