- Connaissance des Énergies avec AFP
- parue le

Donald Trump a annoncé la suspension de son "Projet Liberté" d'escorte de navires dans le détroit d'Ormuz, le temps de voir si un accord pouvait être "finalisé" avec l'Iran, après de "grands progrès" selon lui en vue d'une reprise des négociations.
« Grands progrès accomplis »
Alors que le contrôle par l'Iran de ce passage stratégique pour les hydrocarbures a provoqué une flambée du pétrole, les cours perdaient plus de 5 % à la suite des propos du président américain. Le baril de Brent de la mer du Nord évoluait mercredi autour de 103,04 dollars, loin des 126 dollars atteints la semaine dernière.
Depuis le début de la guerre engagée le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, Téhéran verrouille le détroit d'Ormuz, ébranlant l'économie mondiale.
Alors que le blocage a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril, Washington a imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit.
Compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens", le projet "sera suspendu pendant une courte période afin de voir si l'accord peut être finalisé et signé", a écrit mardi le président américain sur son réseau Truth Social.
« Bon espoir »
Il a précisé que cette pause avait été décidée notamment à la demande du Pakistan, pays médiateur, tout en faisant état du maintien du blocus américain des ports iraniens. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays avait accueilli des négociations directes entre l'Iran et les États-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.
"La fin du Projet Liberté est probablement survenue lorsque Trump a réalisé que le recours à la force allait non seulement échouer à produire le résultat escompté mais fermerait également la porte aux premiers véritables signes d'une voie négociée", a estimé sur X l'analyste Ali Vaez, de l'International Crisis Group.
Selon deux responsables américains et deux autres sources au fait du dossier cités par le site américain Axios, la Maison Blanche estime être sur le point de conclure "un protocole d'accord d'une page visant à mettre fin au conflit et à établir un cadre en vue de négociations nucléaires plus approfondies".
Sur le volet diplomatique, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, s'est lui rendu en Chine, principal pays acheteur de pétrole iranien.
À cette occasion, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a réclamé un arrêt "complet" des hostilités au Moyen-Orient et appelé États-Unis et Iran à rouvrir "le plus vite possible" le détroit d'Ormuz. Il a aussi défendu le "droit légitime" de l'Iran au nucléaire civil, alors que ce dossier est un des points d'achoppement pour la reprise des discussions avec Washington.
Les Etats-Unis et Israël accusent l'Iran de chercher à obtenir l'arme nucléaire, ce qui est vivement démenti par Téhéran. La visite de M. Araghchi intervient en amont de celle de Donald Trump en Chine, prévue le 14 et 15 mai, où il doit rencontrer son homologue Xi Jinping.
Cargo CMA CGM attaqué
Le lancement lundi du "Projet Liberté" s'est accompagné d'accrochages en mer et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputés à l'Iran, après des semaines de calme relatif.
L'Iran a tiré des missiles et drones contre des bâtiments militaires américains, interceptés selon le commandement américain pour la région (Centcom).
Il a aussi été accusé d'avoir visé les Emirats arabes unis, où un site pétrolier a été touché par des drones, dans la première attaque contre un pays du Golfe depuis la trêve, ce qu'un haut responsable militaire iranien a démenti mardi soir.
L'armateur français CMA CGM a en outre confirmé mercredi que son porte-conteneur San Antonio battant pavillon maltais avait fait l'objet d'une attaque la veille dans le détroit d'Ormuz, faisant des blessés parmi les membres d'équipage.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont menacé d'une "riposte ferme" tout navire qui ne se conformerait pas aux règles de passage imposées par Téhéran dans le détroit d'Ormuz.
Une attitude inadmissible pour Washington: les Etats-Unis ne peuvent pas "laisser l'Iran bloquer une voie de navigation internationale", a insisté le ministre de la Défense Pete Hegseth.
Dans un communiqué, le chef de la diplomatie Marco Rubio a annoncé que les Etats-Unis proposeraient une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU exigeant "que l'Iran cesse les attaques, le minage et tout péage" dans le détroit.