Les gros chantiers d'EDF pour les prochaines années

  • AFP
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Les chantiers ne manquent pas pour le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy, qui doit être reconduit jeudi pour quatre ans. Il devra notamment proposer une restructuration d'EDF, achever le chantier de l'EPR de Flamanville et stopper l'hémorragie de clients.

Restructuration

À la demande du président Emmanuel Macron, Jean-Bernard Lévy doit réfléchir à une éventuelle restructuration de l'entreprise, détenue à près de 84% par l'État.

Ce chantier, baptisé "projet Hercule" doit se traduire par des propositions de la direction d'EDF d'ici à la fin de l'année. "Nous allons rester une entreprise intégrée", "avec son pacte social", a récemment assuré Jean-Bernard Lévy devant les sénateurs, alors que syndicats et politiques s'inquiètent d'un possible démantèlement.

Une réorganisation (avec par exemple une maison mère publique, conservant le nucléaire, et une ou des filiales éventuellement cotées en Bourse) aurait pour but de permettre à EDF de pouvoir continuer à investir dans le nucléaire malgré son lourd endettement, tout en poursuivant sa diversification dans les renouvelables.

EDF réclame aussi une remise à plat du système permettant à ses concurrent de bénéficier de sa production nucléaire à prix fixe.

Reconquête commerciale

EDF, l'acteur historique dans l'électricité, perd régulièrement des clients même si l'entreprise domine encore largement le marché. Les Français peuvent choisir librement leur fournisseur, depuis l'ouverture totale à la concurrence des marchés le 1er juillet 2007.

La part de marché des fournisseurs alternatifs était de seulement 21,9% à la fin 2018, selon le dernier décompte de la Commission de régulation de l'énergie (CRE). EDF perd toutefois des abonnés à un rythme rapide : 456 000 clients supplémentaires sont passés en offre de marché (dans leur très grande majorité chez des fournisseurs alternatifs) sur le quatrième trimestre, selon la CRE.

Les concurrents se sont multipliés ces derniers temps, avec des poids lourds comme Total, qui a racheté Direct Energie.

Grands travaux dans le nucléaire

EDF mène actuellement un programme de grands travaux - le "grand carénage" - destiné à prolonger la vie des centrales.

Cette année sera aussi marquée par l'arrêt pour une première "visite décennale" des 40 ans d'un réacteur français - celui de Tricastin 1 - obligatoire pour lui permettre de continuer à fonctionner au-delà de cet anniversaire. Ces arrêts programmés limiteront la production nucléaire d'EDF ces prochaines années.

Surtout, EDF doit achever le chantier emblématique de l'EPR de Flamanville (Manche), qui a connu d'importants retards et surcoûts. Le chargement du combustible nucléaire est pour l'instant officiellement prévu fin 2019 pour une enveloppe de 10,9 milliards d'euros.

Mais le calendrier risque de glisser de nouveau en raison de problèmes de soudures, sur lesquels l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) doit rendre sa décision très prochainement. Un groupe d'experts a déjà estimé que de gros travaux allaient être nécessaires.

D'autres EPR ?

La programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) - feuille de route pour ces dix prochaines années - laisse la porte ouverte à la construction de nouveaux EPR en France.

"Afin de permettre une prise de décision sur le lancement éventuel d'un programme de construction de nouveaux réacteurs, le gouvernement conduira avec la filière d'ici mi-2021 un programme de travail complet", indique le texte.

EDF planche ainsi sur un EPR simplifié et optimisé, qui doit être moins cher. Mais le gouvernement veut attendre "que Flamanville ait fait la preuve de son fonctionnement avant d'engager des décisions", selon le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire.

Commentaires

AtomicBoy44

"le gouvernement veut attendre "que Flamanville ait fait la preuve de son fonctionnement avant d'engager des décisions", selon le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire."

Il n'a qu'a aller en chine a Taishan ce type qui est censé condurie l'économie du pays.
Nimp, encore une fois ...

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