La dirigeante d'Engie dénonce des idées du RN « mauvaises pour la France »

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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La dirigeante d'Engie, Catherine MacGregor, a confirmé mardi avoir assisté début avril à un dîner de grands patrons avec Marine Le Pen, mais affirme l'avoir fait pour défendre les intérêts de son groupe contre des idées du RN "mauvaises pour la France" en matière d'énergie.

« Oh my god, on a un problème »

"Nous ne pouvons pas laisser ces idées qui sont mauvaises pour la France, pour la sécurité énergétique du pays, pour les prix de l'électricité et pour la décarbonation, se cristalliser et prendre forme", a justifié Mme MacGregor, interrogée sur sa participation à ce dîner, lors d'un événement organisé par l'AJEF mardi.

Elle faisait notamment référence aux idées sur le marché de l'énergie qui étaient mises en avant par le RN au moment de la dissolution de l'Assemblée nationale en 2024, quand a semblé se rapprocher la possibilité d'un gouvernement mené par le Rassemblement national.

"À ce moment-là, les mesures associées au RN sur l'énergie prenaient forme", a souligné Mme MacGregor, qui avait signé en juin 2024 une tribune pour s'opposer notamment aux idées du RN de renégocier la participation de la France au marché européen de l'électricité, de renoncer aux objectifs de la transition écologique de l'UE ou encore de supprimer un régulateur indépendant.

"Nous autres énergéticiens, on s'était dit oh my god, on a un problème", s'est souvenue Mme MacGregor mardi.

« Peut-on exclure le RN du spectre de nos contacts politiques ? Évidemment non »

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a par ailleurs déjeuné avec l'organisation patronale Medef lundi, décrivant à l'issue de la rencontre "des échanges sans tabou, transparents, sur l'économie française" et notamment "la fiscalité, les normes".

Le président du Medef, Patrick Martin, a justifié cette réception en demandant : "Peut-on exclure le RN du spectre de nos contacts politiques ? Évidemment non, parce que c'est une formation qui pèse lourd au Parlement".

Le directeur général de la Maif, Pascal Demurger, avait pour sa part jugé il y a dix jours que le "rapprochement" de patrons avec le Rassemblement national était "une erreur tactique autant qu'une illusion politique", dans une tribune publiée dans le journal Le Monde.

Commentaires

régis de Nîmes
Le capitalisme vit une crise systématique. Ses fondamentaux, épuisement de la terre et des hommes par la concurrence, la guerre économique, le chômage (véritable armée de travailleurs de réserve) sont incompatibles avec les défis auxquels ils nous faut répondre. Guerres, nationalisme, impérialisme, diversions, comme le travail le 1er mai après 45 ans de financiarisation, de délocalisations sur fond de dumping, de désindustrialisation, l'extrême droite a toujours été une béquille au service du grand capital...
GwE
Vous avez probablement raison, mais la question n'est pas là. Comme toute société, la direction d'Engie doit respecter les orientations/décisions de ses actionnaires. Et comme le principal actionnaire d'Engie est le gouvernement Français, si d'aventure le RN devait assurer la gouvernance de la France, la direction d'Engie devra alors respecter les nouvelles orientations du gouvernement.
Donc quelque part, la PDG d'Engie prend des positions qui ne sont pas de son ressort. Elle est là pour appliquer une politique, pas pour faire des commentaires sur d'éventuelles politiques alternatives. Et si le fait d'avoir comme principal actionnaire un Etat lui pose problème, elle n'a qu'à aller dans le "full" privé.
Oleg Hugo
Tout dépend de ce qu'on appelle "extrême droite". Mussolini était un authentique socialiste et les nationaux-socialistes allemands n'avaient rien de libéraux : ils ne s'accordaient avec les gros industriels que pour obtenir les moyens militaires leur permettant de soumettre l'humanité. Lorsque les oppositions auraient été anéanties, nul doute qu'ils se seraient débarrassé des capitalistes (qu'ils avaient d'ailleurs allègrement brocardé avant de ramasser le pouvoir). Dans les annés soixante, Madelin, Longuet, Devedjian et consorts n'écrivaient guère de gentillesses sur les patrons. Quand on veut tuer son chien on l'accuse d'avoir la rage et quand on veut défendre le collectivisme on salit tout ceux qui prônent la liberté, même en les accusant de collusion avec les ennemis de la liberté. Je m'attendais de votre part à une argumentation plus intelligente. Pour le premier mai, je ne l'ai personnellement jamais "respecté", pas plus que le dimanche : lorsque le curé viendra m'aider la semaine je chômerai le dimanche et, lorsque les syndicalistes m'aideront, j'irai cracher à leurs bassinets le 1er mai. Ce ne sont que des parasites sociaux, les uns le sont devenus et les autres le sont depuis l'origine. Le candidat Bardella est aujourd'hui amené à un grand écart, entre flatter les électeurs marxisants afin d'éviter leur départ chez Mélanchon et composer avec ceux qui font tourner l'économie du pays. Il pourrait être élu (comme n'importe quel candidat) en cessant de mentir et en présentant clairement la situation ainsi que les remèdes nécessaires face à la longue maladie qui fait crever la France (le collectivisme rampant). Il pourrait mais il a très jeune montré son goût pour le mensonge puisqu'il a tenté le concours de Sciences Po', puis étudié à la Sorbonne suite à son échec. Est-ce dans ces endroits que l'on apprend à innover en politique ? Le goût de l'efficacité se déclenche très tôt et, aujourd'hui, aucun politicant ne semble l'avoir car ils sont tous atteints par le psittacisme.
En 2 mots
Visiblement cette prise de position a des allures de ressenti personnel. Oui Engie a le devoir de suivre les decisions de son directoire.On ne peut cependant ignorer l'avis influant d'un professionel du domaine que l'on soit partisant du FN ou pas.