Énergie : le virage de la Russie vers l'Asie est « plus que jamais d'actualité », selon un dirigeant de Gazprom

  • AFP
  • parue le

Le virage énergétique de la Russie vers l'Asie est "plus que jamais d'actualité", sur fond de fortes tensions entre Moscou et l'UE liées à l'offensive russe en Ukraine, a déclaré jeudi un dirigeant de Gazprom, le géant gazier russe.

"Aujourd'hui, le sujet du développement vers de nouveaux marchés est plus que jamais d'actualité", a affirmé le vice-président du conseil d'administration de Gazprom, Oleg Aksioutine, lors d'un Forum gazier à Saint-Pétersbourg. Selon lui, la Chine - où l'"on peut s'attendre à ce que la consommation double" - et l'Inde - où "il y a une hausse de la demande" - sont deux pays amenés à être les principaux importateurs de gaz russe dans les prochaines années.

"L'expression se tourner (vers l'Asie) suggère une décision hâtive. Or, c'est inexact : la diversification de nos activités vers l'Est s'est en réalité opérée depuis deux décennies", a fait valoir le responsable de Gazprom. "C'est un travail planifié et minutieux qui dure depuis de nombreuses années", a-t-il encore appuyé, au moment où la Russie souhaite renforcer sa coopération énergétique avec des pays asiatiques, dont la Chine et l'Inde, au détriment de l'Union européenne, jusqu'alors son principal marché en la matière.

"Le cœur de l'industrie mondiale du gaz s'oriente dorénavant vers l'Est", a dit jeudi constater M. Aksioutine, face à "une industrie européenne qui perd rapidement sa compétitivité". Sur le marché européen, le dirigeant russe a estimé que "l'énergie en Europe ne peut pas supporter des prix de vente élevés". "Mais les dirigeants européens ne semblent pas pressés de prendre les mesures appropriées", a-t-il regretté.

L'arrêt total des livraisons de gaz russe en gaz via le gazoduc Nord Stream depuis le 2 septembre fait craindre en Europe une grave crise énergétique cet hiver, poussant les gouvernements européens à appeler la population et les entreprises à réduire leur consommation.

Dans un communiqué, Gazprom a par ailleurs annoncé jeudi avoir extrait du 1er janvier au 15 septembre 2022 "300,8 milliards de mètres cubes de gaz", soit 15,9% de moins qu'en 2021, selon des données préliminaires.

Les exportations vers les pays hors-CEI (la Communauté des États indépendants, qui rassemble plusieurs pays d'ex-URSS) ont, elles, baissé de 38,8% par rapport à la même période en 2021, à 84,8 milliards de m3.

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