Expiration du traité New Start: Moscou veut rassurer, Washington veut inclure la Chine

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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La Russie a assuré mercredi qu'elle agirait de façon "réfléchie et responsable" en matière nucléaire, à la veille de l'expiration du traité de désarmement nucléaire New Start entre Moscou et Washington, qui souhaite pour sa part y inclure la Chine.

Le traité New Start, dernier accord de maîtrise des armements liant Washington et Moscou, doit expirer jeudi. Signé en 2010, il limitait chaque partie à 800 lanceurs et bombardiers lourds et 1.550 ogives stratégiques offensives déployées, avec un mécanisme de vérification.

Son expiration marquerait la transition vers un ordre nucléaire moins encadré, même si les inspections avaient été suspendues en 2023 à cause de l'offensive russe à grande échelle lancée en Ukraine en février 2022.

Lors d'une conversation mercredi avec son homologue chinois Xi Jinping, le président russe Vladimir Poutine "a souligné que dans cette situation, nous agirons de manière réfléchie et responsable", a rapporté le conseiller diplomatique du président russe, Iouri Ouchakov, lors d'un briefing avec des journalistes, dont l'AFP.

"Nous restons ouverts à la recherche de voies pour négocier et assurer la stabilité stratégique", a toutefois assuré M. Ouchakov, suggérant la possibilité de discussions de dernière minute.

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a quant à lui affirmé mercredi n'avoir aucune annonce à faire mais que le président Donald Trump s'exprimerait "plus tard" à ce sujet et que les Etats-Unis souhaitaient inclure la Chine dans toute discussion.

"Le président (Trump) a clairement indiqué par le passé que pour parvenir à un véritable contrôle des armements au XXIe siècle, il était impossible d'agir sans inclure la Chine, en raison de son arsenal considérable et en pleine expansion", a déclaré M. Rubio lors d'une conférence de presse.

Mardi, le Kremlin s'était montré alarmiste sur les conséquences de l'expiration de ce traité, décrivant un monde risquant de se trouver "dans une situation plus dangereuse qu'auparavant".

"Pour la première fois, la Russie et les Etats-Unis, qui possèdent les plus grands arsenaux nucléaires, se retrouveront sans document fondamental qui limiterait et contrôlerait ces arsenaux", avait mis en garde le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

- "Logique de la peur" -

Le pape Léon XIV, autorité s'exprimant rarement sur le nucléaire et ses traités, a commenté l'expiration imminente de New Start en appelant mercredi à "prévenir une nouvelle course aux armements".

"Je vous exhorte instamment à ne pas abandonner cet instrument sans veiller à son suivi concret et effectif", a-t-il ajouté, jugeant "plus urgent que jamais de remplacer la logique de la peur et de la méfiance par une éthique partagée".

Berlin a de son côté exprimé son inquiétude à l'égard de Moscou.

"Nous constatons que les États-Unis ont à plusieurs reprises pris contact ces dernières années. Ils voulaient discuter avec la Russie d'un traité de suivi sans aucune condition préalable, mais la Russie n'a pas répondu", a rappelé un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères.

La coalition d'ONG ICAN (Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires) a, elle, renvoyé mercredi dos à dos les deux pays en les exhortant à s'engager publiquement à respecter les limites du traité New Start "pendant la négociation d'un nouveau cadre".

"Sans le traité New Start, le risque est réel que la nouvelle course aux armements entre les États-Unis et la Russie s'accélère - davantage d'ogives, de vecteurs de lancement et d'exercices nucléaires - et que les autres puissances nucléaires se sentent contraintes de suivre le rythme", a alerté dans un communiqué Melissa Parke, directrice exécutive de l'ICAN.

Moscou avait précédemment accusé Washington d'obstruction aux inspections prévues dans le cadre de New Start.

En septembre 2025, Vladimir Poutine avait proposé à Washington de prolonger d'un an les termes du traité, une proposition qualifiée de "bonne idée" par son homologue américain mais à laquelle les Etats-Unis n'ont finalement pas donné de réponse.

Les Etats-Unis se sont par ailleurs retirés en 2019 d'un traité de désarmement majeur conclu en 1987 avec la Russie, sur les armes nucléaires à portée intermédiaire (INF).

Les négociations en vue du renouvellement de New Start étaient restées dans l'impasse pendant tout le premier mandat (2017-2021) de Donald Trump, qui voulait déjà voir la Chine incluse dans les restrictions des arsenaux.

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