Face à la flambée des prix des carburants, Lecornu plaide la défense des consommateurs

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Face à l'envolée des prix à la pompe liée à la guerre au Moyen-Orient, Sébastien Lecornu a demandé mercredi aux membres du gouvernement des propositions pour protéger les consommateurs, tout en rejetant la baisse de TVA réclamée par le Rassemblement national.

Le sujet est sensible pour l'exécutif à quelques jours du premier tour des municipales: la hausse des carburants pèse sur le pouvoir d'achat et alimente les critiques de l'opposition, du RN à LFI.

Ces propositions pourraient passer par un "plafonnement des marges" ou des mécanismes permettant de "lisser les hausses et les baisses" des prix des carburants, a détaillé le chef du gouvernement en Conseil des ministres, d'après son entourage.

Dans ce contexte, la Grèce a annoncé mercredi l'"imposition d'un plafond sur les marges bénéficiaires" sur les prix du carburant.

Sébastien Lecornu s'est en revanche dit opposé aux mesures "aussi démagogues qu'inutiles", comme la baisse de la TVA réclamée par le RN, en rappelant son échec "édifiant" lorsqu'elle avait été mise en oeuvre en Pologne en 2022 après le déclenchement de la guerre en Ukraine.

La France insoumise a plaidé pour un blocage des prix. Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a proposé un chèque énergie "pour les plus vulnérables", et la patronne des Ecologistes Marine Tondelier des "aides ciblées" pour les ménages populaires et ruraux, dans un courrier daté de mardi et adressé à Sébastien Lecornu.

Le gouvernement reste prêt, "si la crise devait durer, à faire évoluer les dispositions déjà prises pour protéger les Français", a assuré le Premier ministre qui reçoit à partir de 15H00 les partis politiques pour les informer de "l'état de la menace et du positionnement de la France" face à la guerre au Moyen-Orient.

Portés par le conflit qui paralyse le détroit d'Ormuz, voie de transport cruciale pour les hydrocarbures, les cours du pétrole ont repris leur hausse mercredi.

Pour l'enrayer, le Japon et l'Allemagne ont annoncé débloquer une partie de leurs réserves stratégiques, sans attendre une décision coordonnée notamment au niveau du G7.

- Faire "jouer la concurrence" -

Pour éviter des hausses "abusives", Sébastien Lecornu a lancé depuis lundi un "plan exceptionnel de 500 contrôles" des stations-service.

Quelque 5% des 513 stations-service contrôlées vont être sanctionnées en raison d'"anomalies" sur l'affichage des prix, a annoncé mercredi le ministre du Commerce Serge Papin.

Ces contrôles "vont se poursuivre", a décidé le Premier ministre, selon des propos rapportés par son entourage.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a dit mercredi "souhaiter" que les distributeurs de carburants, qu'il réunira jeudi à 9h45, "corrigent les anomalies" dans les prix quand il y en a et que "les brebis galeuses rentrent dans le rang".

Les distributeurs peuvent lancer "des campagnes à prix coûtant" ou "des campagnes de plafonnement", comme cela s'est déjà vu par le passé, a-t-il suggéré.

"Aujourd'hui, le prix de l'essence, globalement, il a monté d'à peu près 15 centimes. Le prix du gasoil, lui, il a monté de près de 30 centimes et il est aujourd'hui à 2 euros. Mais un certain nombre de distributeurs sont au-delà et même bien au-delà", a souligné le ministre, appelant les consommateurs à faire "jouer la concurrence".

"Les baisses observées sur les marchés et sur le prix du baril doivent être répercutées aussi vite que l'ont été les hausses", a déclaré la porte-parole du gouvernement Maud Brégeon, également ministre déléguée à l'Energie.

Elle a salué, sans le nommer, Michel-Edouard Leclerc, qui a annoncé mercredi sur France Info "à peu près 30 centimes de baisse par litre" de carburant à la pompe d'ici à vendredi.

"Au fur et à mesure que les stations sont réapprovisionnées", cette baisse doit avoir lieu "dans les centres Leclerc, dans les Système U, probablement dans les Intermarchés, les Carrefour", a-t-il expliqué, tout en prévenant que le prix de l'essence allait encore "faire du yoyo" en fonction des soubresauts géopolitiques.

La guerre aura "un impact sur la croissance", a reconnu Roland Lescure, tandis que le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, a, lui, souligné "le devoir impérieux de maîtrise des comptes publics".

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