- Connaissance des Énergies avec AFP
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Des centaines de chauffeurs de tuk-tuks ont bloqué mercredi le principal axe de la capitale somalienne Mogadiscio pour protester contre la flambée du prix du carburant, provoquée par la guerre en cours au Moyen-Orient.
Le prix de l'essence a doublé en Somalie, passant de 60 cents à 1,25 dollar depuis la guerre déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran qui mène depuis des représailles contre des cibles dans plusieurs pays de la région.
Le prix du diesel a de son côté bondi de près d'un dollar en moins de deux semaines en Somalie, pays lui-même plongé dans le chaos et les conflits depuis plus de trois décennies.
La guerre au Moyen-Orient a provoqué la fermeture de facto du détroit d'Ormuz, porte d'entrée et de sortie du Golfe, par lequel transite en temps de paix un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
Cette situation a fait bondir les cours mondiaux du pétrole, entraînant dans de nombreux endroits du globe une hausse des prix des carburants à la pompe.
"Le gouvernement fédéral doit intervenir dans cette affaire. Nous faisons face à des difficultés de subsistance, car les prix du carburant augmentent chaque jour", lance Ali Yare, l'un des conducteurs de tuk-tuks, interrogé par l'AFP.
"Les commerçants augmentent les prix pour tirer profit du conflit au Moyen-Orient et ils ne tiennent aucun compte de la situation des autres", dénonce-t-il en bloquant la route Maka Al-mukarama qui mène au palais présidentiel à Mogadiscio.
Pour Yusuf Bare, autre conducteur de tuk-tuk, "cette hausse des prix est inacceptable, car quelques centimes s'ajoutent chaque jour".
"Si la guerre en Iran se poursuit, les prix d'autres produits de base vont aussi augmenter, et le reste de la population va rejoindre la manifestation", a averti Mohamed Cagey, un commerçant de Mogadiscio.
La guerre au Moyen-Orient tombe au plus mal pour l'Afrique, alors qu'un dollar plus faible et des taux d'intérêt plus bas offraient un peu d'oxygène à ses nombreux pays lourdement endettés.