« L'économie mondiale doit changer de modèle énergétique », exhorte le président de la COP31

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le monde doit "accélérer la transition vers les énergies propres", a exhorté jeudi le président de la COP31 Murat Kurum, à l'occasion d'une conférence à l'Agence internationale de l'énergie (AIE) durant laquelle le patron de cette agence a reconnu le "défi majeur" de la guerre au Moyen-Orient sur l'économie.

« Accélérer la transition vers les énergies propres »

"Nous savons désormais clairement que l'économie mondiale doit changer de modèle énergétique. Et l'étape la plus cruciale consiste à accélérer la transition vers les énergies propres", a dit Murat Kurum, à l'occasion de cette réunion à Paris consacrée à la transition énergétique, qui s'exprimait en turc et dont les propos ont été traduits par interprète.

Comme lors de l'invasion russe en Ukraine en 2022, la guerre au Moyen-Orient a montré au monde ses fortes dépendances aux énergies fossiles, cette fois avec la fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran où transitait avant le conflit 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux.

« Un défi majeur sur le plan énergétique et économique »

Le prix du baril de Brent, la référence mondiale du brut, a ainsi dépassé jeudi 126 dollars lors des échanges asiatiques, un sommet depuis début 2022 lorsque l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe avait provoqué une flambée des cours. Depuis le début de l'année, le prix du Brent a donc doublé. Cette flambée des cours a de lourds effets sur les économies à travers la planète, avec des perspectives de croissance qui s'amenuisent.

Le monde fait face à "un défi majeur sur le plan énergétique et économique", a ainsi dit jeudi le patron de l'AIE, Fatih Birol, en ouverture de cette conférence internationale consacrée à la transition énergétique, et à laquelle sont présents des représentants d'États et de grandes entreprises du secteur énergétique et financier.

Commentaires

Bastien
Cet article met en lumière une réalité incontournable : notre dépendance aux énergies fossiles nous rend extrêmement vulnérables aux tensions géopolitiques, comme le montre la situation alarmante dans le détroit d'Ormuz avec le blocage des flux de pétrole et de GNL. Cependant, il ne faut pas oublier qu'en accélérant la transition vers les "énergies propres" et décentralisées, nous allons également déplacer la nature du risque. L'infrastructure énergétique de demain (réseaux intelligents ou "smart grids", gestion des flux en temps réel) sera profondément numérisée. Travaillant dans le secteur du digital, je constate que la cybersécurité de ces nouveaux réseaux électriques deviendra un enjeu de souveraineté nationale tout aussi vital que la protection des voies maritimes aujourd'hui. Une transition énergétique réussie devra impérativement intégrer une stratégie de cyber-résilience infaillible pour éviter que de futurs conflits ne se traduisent par des "blackouts" numériques.
Athanase
Bonjour Bastien, je partage à 100 % cette réflexion. On a souvent tendance à oublier que décentraliser la production d'énergie avec des milliers de nœuds connectés (comme les compteurs intelligents ou les micro-réseaux locaux) multiplie d'autant la surface d'attaque informatique. J'ai justement lu un dossier très détaillé sur Numériki qui expliquait comment les vulnérabilités de l'IoT (Internet des Objets) industriel et des systèmes SCADA pouvaient permettre à des hackers de paralyser un réseau électrique moderne en quelques minutes. La transition écologique est évidemment indispensable pour s'affranchir des crises géopolitiques liées au pétrole, mais elle risque de tourner au cauchemar si elle ne s'accompagne pas d'investissements massifs dans la cyber-défense de nos infrastructures critiques. Le prochain "choc pétrolier" sera très certainement numérique !
Antoine Jantzen
Bonjour Athanase, bonjour Bastien, je suis aussi 100% d'accord avec vos réflexions, et c'est pourquoi je me pose la question de savoir si nous ferions pas mieux d'aller vers des systèmes énergétiques (si cela est possible) low-tech et très robustes, avec le moins d'électronique et de numérique possible. Mais je crois que je rêve.
Athanase
Bonjour Antoine, C'est une excellente remarque. Le mouvement "low-tech" gagne d'ailleurs beaucoup de terrain justement pour cette notion de résilience : moins il y a de composants électroniques, moins il y a de pannes et de failles. À l'échelle individuelle ou à l'échelle d'un bâtiment (conception bioclimatique, chauffe-eau solaire thermique direct, etc.), c'est clairement le bon sens absolu. Le vrai défi qui nous empêche d'être 100% low-tech, comme vous le pressentez, c'est l'échelle nationale. La transition énergétique nous oblige à intégrer massivement des énergies par nature intermittentes (le vent et le soleil). Pour équilibrer le réseau en temps réel entre une production fluctuante et les pics de consommation de millions de foyers (surtout avec la charge des véhicules électriques le soir), les gestionnaires du réseau n'ont pas d'autre choix que d'utiliser des algorithmes et du pilotage numérique complexe. On va probablement devoir viser un modèle hybride : le maximum de robustesse et de "low-tech" chez les particuliers, soutenu par une infrastructure de distribution inévitablement "high-tech" et hyper-sécurisée. C'est un sacré numéro d'équilibriste qui nous attend !
Freudon Saké
Effectivement, il s'agit d'un hyper problème sur lequel le Shift Project et consors, n'ont jamais pris la peine de réfléchir.
La solution la plus simple pour ne pas avoir à digitaliser un hyper réseau centralisé et hyper coûteux, est qu'il n'y ai pas d'hyper réseau mais seulement des productions locales, en prises directes avec les autoproducteurs et consommateurs, ce qui signifie du stockage local.
Des volants d'inertie pour les PV des parkings et même certains trottoirs en réinventant le style Guimard, plus du stockage de chaleur, avec des panneaux bifaciaux et récupérateurs de chaleur.
Des incinérateurs et du solaire à concentration, couplés à des systèmes ETM avec financements à taux zéro, alimenté avec les eaux recyclées patragées entre froid et température à 235°.
Des réseaux de chaleur pour les villes et de l'énergie bois pour les maisons individuelles avec puits canadiens.
Pour les villes, la géothermie de surface, plus la chaleurs des incinérateurs, plus la chaleur des boues des stations d'épuration, qui doivent aussi produire des engrais 100% bio, permettront à terme de supprimer totalement les chauffages électriques, ainsi que le chauffage et la cuison au gaz.
Il est possible de mettre des turbines sur les réseaus d'eau potable là où il y a de la pente, pour produire un surplus d'électricité si nécessaire.
La réalité actuelle, est que les data center prévus par les GAFA aux USA ne se feront pas. La raison en est que les matériels nécessaires à la gestion électrique constituent un goulet d'étranglement, car les fabriquants ne peuvent pas répondre à une telle demande.
C'est juste pour les data center, imaginez à l'échelle de tout la société américaine et européenne.
Le défi majeur et avant tout logistique et les planificateurs soviétiques subventionnés ne tiennent jamais compte de la réalité du marché, puisque le marché ne les intéressent absolument pas. Ils ne font que se shooter à leurs délires pharaoniques, confortés par des politiciens formatés aux mêmes moules idéologiques productivistes et étatistes.
Gauche/droite confondues, se rejoignant sans problème sur le bûcher de leurs vanités. Et leur gros problème, si vous leur supprimez les pompes à finances payées par les contribuables, ils n'existent plus car ils sont totalement inutiles. Encore un sommet en Colombie, où aucun État, aucune ONG, n'ont évoqué la racine du mal que représente l'hyper démographie du Sud Global.
Tout plein de Pierre Mendès France brocardés sauveurs d'humanité, pour aller vendre sans complexe un inutile lait aux gamins des écoles.
Nous en sommes toujours là, toujours le même logiciel, qu'il soit produit avec des hysrocarbures ou de l'électricité n'y change strictement, la seule nouveauté, c'est que l'on vend le lait par internet, ce qui augmente la consommation d'électricité. Et les vaches en pétent le maïs méthanisé et arrosé de produits pétrochimiques, alors qu'elle sont faites pour manger de l'herbe.
Il n'y aura aucun changement tant qu'il n'y aura pas une réelle volonté de rupture. Ce n'est que du blabla, des discours théâtraux faits par des gars sans talents hurlant pour être un peu audible et qui ne laisseront que la trace de leur médiocrité dans les livres d'Histoire.
Bihans Kendal
La paresse, oui toujours encore plus de paresse. Voilà, selon mon propre point de vue, la véritable source de malheur de la modernité. Ne plus suer dans la tâche mais faire faire les besognes par autrui ou par autres choses. Le raisonnement actuel visant d'echaper aux énergies fossiles pour se soumettre à l'esclavage numérique, c'est comme s'échapper d'une prison pour s'exiler dans une île déserte à la merci de l'inconnu. Juste un exemple simple: en de rupture de connexion, personne ne peut accéder à son bien puisque le manuel a disparu.
En 2 mots
Il est a noter que la matiere premiere de l'energie éolienne , solaire, géothermique, hydrolienne.... ne dépend pas de l'approvionnement des autres pays, et là nous avons une indépendance absolue et permanentes une fois que les installations sont opérationelles.