- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les États-Unis ont accordé à la compagnie pétrolière serbe NIS, sous sanctions américaines, un délai supplémentaire de deux semaines pour lui permettre de céder la part que le géant russe Gazprom détient dans son capital, a déclaré vendredi la ministre serbe de l'Énergie.
L'industrie pétrolière de Serbie (NIS), qui approvisionne 80% du marché national, est visée depuis 2025 par des sanctions américaines, dans le cadre des mesures prises face au refus de la Russie de mettre fin à la guerre en Ukraine.
Pour lever ces restrictions, Washington exige que Gazprom Neft et sa compagnie soeur Intelligence - filiales du géant russe Gazprom - qui possèdent à elles deux 56% de NIS, cèdent toutes leurs parts.
Les Etats-Unis avaient donné jusqu'au 22 mai à NIS pour conclure ses négociations avec le géant énergétique hongrois MOL en vue de cette vente. Mais les négociations s'éternisent et aucun accord n'avait été trouvé vendredi.
Ces derniers jours, plusieurs responsables politiques serbes ont publiquement expliqué que les pourparlers achoppaient sur la question du rachat de la raffinerie de Pancevo, la seule du pays, exigé par la Serbie, actionnaire minoritaire de NIS.
"La situation est complexe mais notre objectif et notre tâche sont de trouver une solution à long terme et de protéger les intérêts de l'État serbe", a écrit la ministre de l'Énergie, Dubravka Djedovic Handanovic, sur Instagram.
"J'espère que nous parviendrons à une issue positive mais je ne suis pas optimiste", avait pour sa part déclaré jeudi le président serbe Aleksandar Vucic, proche de l'ancien dirigeant hongrois Viktor Orban.
MOL est le dernier groupe connu à proposer une offre de rachat des parts de Gazprom. La nouvelle date butoir pour la conclusion d'un accord de vente a été fixée au 6 juin.
Selon les autorités serbes, celle-ci ne devrait pas être affectée par le départ de Viktor Orban du gouvernement hongrois.
Depuis leur entrée en vigueur en janvier 2025, les sanctions américaines contre NIS ont été reportées à plusieurs reprises. Elles n'ont été effectives qu'entre octobre et décembre, ce qui avait contraint la compagnie à interrompre la production dans la raffinerie de Pancevo pendant plusieurs semaines à défaut de brut.
Les licences temporaires sont à nouveau accordées depuis fin décembre à l'entreprise, après l'annonce des négociations avec MOL.
NIS est cruciale pour l'économie serbe : avec ses quelque 13.500 employés, elle a contribué en 2024 à plus de 2 milliards d'euros à la caisse de l'Etat, soit près de 12% du budget national.
La Serbie, l'un des rares Etats européens qui n'a pas imposé de sanctions à la Russie après son invasion de l'Ukraine, a vendu en 2008 à Gazprom une majorité de ses actions dans NIS, pour 400 millions d'euros.
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