- Connaissance des Énergies avec AFP
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La Marine française a arraisonné dimanche un nouveau pétrolier en provenance de Russie, lors d'une opération menée en haute mer dans l'Atlantique "avec le soutien de plusieurs partenaires dont le Royaume-Uni", a annoncé lundi Emmanuel Macron.
Un pétrolier en provenance de Mourmansk en Russie
L'interception s'est produite "à plus de 400 nautiques (740 km, ndlr) à l'ouest de la pointe de la Bretagne, sur un pétrolier en provenance de Mourmansk en Russie", a précisé la préfecture maritime de l'Atlantique, dans un communiqué.
"Après la montée à bord de l'équipe de visite, l'examen des documents a confirmé les doutes quant à l'irrégularité du pavillon arboré. Un signalement a été fait au procureur de Brest, compétent au titre du tribunal maritime", a-t-elle ajouté.
Le navire arborait un faux pavillon du Cameroun et faisait route vers Limbé, ville balnéaire à l'ouest de ce pays africain, selon un porte-parole de la préfecture maritime, joint par l'AFP. Le navire, qui compte 23 membres d'équipage dont la nationalité n'a pas été précisée, est "actuellement escorté par des moyens de la Marine nationale vers un point de mouillage pour la poursuite des vérifications", a précisé la préfecture maritime.
Vu son éloignement des côtes, il devrait mettre au moins 24 heures à rejoindre son point de mouillage.
"Il est inacceptable que des bateaux contournent les sanctions internationales, violent le droit de la mer et financent la guerre que mène la Russie contre l'Ukraine depuis plus de 4 ans", a commenté le chef de l'État, dans un message sur X montrant des images de l'arraisonnement. "Ces navires, qui ne respectent pas les règles les plus élémentaires de navigation maritime, constituent également une menace pour l'environnement et pour la sécurité de tous", a insisté Emmanuel Macron, assurant que la "détermination" de la France à lutter contre la flotte fantôme russe était "constante et totale".
La Marine nationale a arraisonné hier matin un nouveau pétrolier sous sanctions internationales en provenance de Russie : le Tagor. Notre détermination est constante et totale.
Cette intervention a été effectuée en Atlantique, en haute mer,… pic.twitter.com/zxEslYjbUE— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) June 1, 2026
Un pétrolier « quasiment vide » lors de son arraisonnement
"C'est un bateau qui était suivi, connu, qui était sous sanction de l'Union européenne et sous sanctions américaines également", a décrit à l'AFP le capitaine de frégate Guillaume Le Rasle, porte-parole de la préfecture maritime. "La décision de déroutement a été prise (dimanche) soir", a-t-il ajouté. "L'objectif du déroutement, c'est de vérifier la véracité de son pavillon".
Le pétrolier, qui a changé plusieurs fois de pavillon, était "quasiment vide" lors de son arraisonnement. La dernière fois qu'il a émis un signal de géolocalisation (AIS), il y a une semaine, le Tagor naviguait au large des côtes norvégiennes et arborait un pavillon de Madagascar, selon le site Marine Traffic.
L'interception de ce pétrolier est la quatrième de ce type effectuée par Paris après celles du Deyna et du Grinch, arrêtés en Méditerranée respectivement en mars et janvier 2026, et du Boracay, arraisonné en septembre 2025 au large de la Bretagne (ouest) alors qu'il naviguait sans pavillon. Les trois navires avaient été immobilisés puis avaient pu repartir après paiement d'amendes.
La France a annoncé le 8 avril vouloir doubler les peines applicables aux infractions de défaut de pavillon et de refus d'obtempérer afin de renforcer les moyens de lutte contre les navires de la flotte fantôme russe, selon des sources concordantes.