- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le gouvernement a demandé lundi aux raffineurs d'évaluer, "dans les meilleurs délais", la capacité de leurs sites en France "à augmenter rapidement et temporairement la production en produits raffinés", dans un courrier consulté par l'AFP, une démarche pour laquelle les marges de manoeuvre des raffineurs semblent toutefois très limitées.
Le gouvernement espère que "ces mesures" contribuent "à alléger la tension sur les marchés des produits raffinés en Europe et à réduire les tensions sur les marchés européens si cette situation venait à perdurer dans le temps", selon ce courrier.
Pour "renforcer" la capacité "à produire en France", le gouvernement a notamment "demandé et permis à la raffinerie de Gravenchon d'augmenter rapidement ses capacités", a indiqué sur X le Premier ministre, Sébastien Lecornu.
Il souligne que "la crise au Moyen-Orient et les tensions autour du détroit d'Ormuz font monter les prix de l'énergie partout dans le monde", affectant "des secteurs essentiels", tels que la pêche, le transport ou encore l'agriculture.
La raffinerie de Gravenchon, près du Havre, achetée récemment par l'énergéticien canadien North Atlantic est la deuxième de France par sa taille. Elle représente à elle seule 21% de la capacité de raffinage en France, avec une capacité de production de 12 millions de tonnes de produits raffinés par an, selon North Atlantic.
Dans son courrier aux raffineurs, le gouvernement indique que "de telles augmentations de capacité seraient examinées avec la plus grande diligence" par les services de l'Etat, "sous réserve que les risques tant accidentels que chroniques soient pleinement maîtrisés" en référence à l'environnement.
"Une analyse rapide de vos capacités d'augmentation de production et de maximisation de la durée de production de vos unités serait très précieuse aux services de l'Etat dans les prochains jours. De premiers échanges avec les Dreal (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement, NDLR) dans les 72 heures après réception du présent courrier seraient les bienvenus pour l'anticipation des travaux à réaliser".
"Nous travaillons avec les acteurs économiques pour organiser la solidarité entre les filières et aider les entreprises les plus fragiles à passer ce cap, notamment en soutenant leur trésorerie, a ajouté le Premier ministre, qui souhaite ainsi "protéger" les emplois.
L'exécutif, astreint par ailleurs par la discipline budgétaire, n'envisage pas à ce stade de baisser les taxes sur les carburants.
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