Le gouvernement annonce des mesures de soutien aux pêcheurs, mécontents

  • Connaissance des Énergies avec AFP
  • parue le

Face à la hausse des prix du carburant, le gouvernement a annoncé lundi des "mesures immédiates pour soulager la trésorerie" des entreprises de pêche, sans toutefois décider à ce stade de remise directe à la pompe.

L'Association nationale des organisations de producteurs (Anop) et l'Union des armateurs à la pêche de France (UAPF) ont immédiatement dénoncé "des mesurettes" et réclamé des actes "à la hauteur de la situation", dans un communiqué commun.

Le gouvernement a annoncé plusieurs "dispositifs de soutien à la trésorerie": un "échelonnement des cotisations sociales" avec "un délai de paiement sans frais ni majoration sera accordé aux entreprises de pêche qui en feront la demande", un "étalement des échéances fiscales" et des "prêts de trésorerie garantis par Bpifrance", selon un communiqué du ministère de la Mer et de la Pêche.

Le prix du gazole marin a bondi d'environ 60% depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, passant de 0,61 à 0,97 euro par litre du 26 février au 23 mars, selon l'observatoire du carburant de la Coopération maritime.

La ministre de la Mer et de la Pêche Catherine Chabaud avait promis des mesures pour les pêcheurs, soulignant qu'avec les récentes hausses de prix, le poste carburant pour les pêcheurs avoisinait les "50% de leur leur chiffre d'affaires".

Concernant une éventuelle "réduction à la pompe", réclamée par les professionnels, le ministère indique que "des discussions sont en cours avec les metteurs en marché pour activer les incitations fiscales mobilisées en 2024 permettant une remise à la pompe".

Par ailleurs, le gouvernement souligne qu'un "dialogue" est engagé "avec les banques", appelées "à la souplesse et à la flexibilité dans le traitement des dossiers individuels d'entreprises" en difficulté.

Du côté des pêcheurs, l'Anop et l'UAPF ont fait part de leur "consternation" face à des mesures qui "se limitent à des délais de paiement".

Ces organisations "dénoncent des annonces indigentes au regard de la gravité de la situation" et en comparaison "des dispositifs prévus en Italie et en Espagne, où des aides exceptionnelles de 0,25 euro et 0,20 euro par litre ont été accordées".

"À défaut de mesures immédiates et adaptées, une partie de la flotte sera contrainte de rester à quai dans les prochains jours", soulignent-elles, demandant notamment "une aide carburant", "une intervention immédiate auprès de la Commission européenne (...)pour mobiliser les mécanismes de soutien de crise" et "la levée du plafond" d'aide par entreprise.

Ajouter un commentaire