- Connaissance des Énergies avec AFP
- parue le
La présidente du Mexique Claudia Sheinbaum a affirmé vendredi que des droits de douane supplémentaires imposés par les États-Unis aux pays qui aident Cuba à s'approvisionner en pétrole pourraient déclencher une vaste "crise humanitaire" sur l'île communiste.
"L'application de droits de douane aux pays qui fournissent du pétrole à Cuba pourrait déclencher une crise humanitaire de grande ampleur, affectant directement les hôpitaux, l'alimentation et d'autres services essentiels au peuple cubain", a affirmé la présidente de gauche lors d'une conférence de presse.
Elle s'exprimait au lendemain d'un décret signé par Donald Trump stipulant que les Etats-Unis "pourraient" frapper de droits de douane, d'un montant non précisé, les pays vendant du pétrole à La Havane.
Ce décret ne précise pas les pays visés, mais le Mexique est un pays qui livre encore de l'or noir à Cuba.
Le président cubain Miguel Diaz-Canel a accusé vendredi Donald Trump de vouloir "asphyxier" l'économie de l'île de 9,6 millions d'habitants.
Mme Sheinbaum a également indiqué avoir demandé à son ministre de Affaires étrangères d'établir un contact immédiat avec le département d'Etat américain afin de "connaître précisément la portée du décret" de Donald Trump.
La dirigeante mexicaine a réaffirmé sa "solidarité, toujours" avec le peuple cubain, tout en avertissant qu'elle ne négligerait pas les implications que le décret de Washington pourrait avoir pour le Mexique.
"Nous devons en connaître la portée, car nous ne voulons pas non plus mettre notre pays en danger en termes de droits de douane. Nous voulons en connaître la portée et toujours privilégier les voies diplomatiques", a expliqué Mme Sheinbaum.
Les livraisons de pétrole mexicain sont importantes pour Cuba qui traverse une profonde crise énergétique, aggravée par la suspension de l'approvisionnement en brut en provenance du Venezuela à la suite de l'intervention militaire américaine et de la capture du président Nicolas Maduro.
Le Mexique a fait face aux menaces douanières de Trump depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025 et doit désormais se pencher sur la révision de l'accord de libre-échange nord-américain ACEUM qui le lie au Canada et aux Etats-Unis.