Grèce: ces armateurs dont les bateaux risquent la traversée du détroit d'Ormuz

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Certains armateurs grecs continuent de faire traverser à leurs cargos le détroit d'Ormuz malgré la guerre au Moyen Orient, a affirmé mardi à l'AFP Nicolas Vernicos, armateur descendant d'une famille maritime grecque expliquant que les marins à bord "assument ce risque" en raison de "rémunérations élevées".

"De grands bateaux de commerce (cargos ou pétroliers ndlr) continuent de traverser le détroit d'Ormuz", a indiqué Nicolas Vernicos, propriétaire de la compagnie Vernicos maritime group, "principal opérateur grec de remorquage et de sauvetage en Grèce, en Méditerranée orientale, en mer Noire et en mer Rouge", selon son site internet.

Selon la société d'analyse Kpler, seul un petit nombre de cargos et de pétroliers ont réussi à franchir le détroit d'Ormuz ces dernières semaines, le trafic maritime dans cette zone ayant chuté de 95% depuis début mars.

"Les marins qui travaillent sur des navires grecs savent qu'ils ont des contrats prévoyant des rémunérations élevées", explique M. Vernicos, précisant que les bateaux de sa compagnie ne sont pas actuellement dans cette zone.

Il explique que les marins à bord des navires grecs ont le droit de refuser de suivre le navire quand il entre dans le Golfe.

"Quand un capitaine (d'un bateau grec) entre dans le golfe Persique, il embarque des agents de sécurité pour se protéger contre la piraterie. Il informe aussi les marins qui ne veulent pas aller dans le Golfe Persique qu'ils peuvent être rapatriés et rentrer chez eux aux frais des armateurs", souligne cet armateur octogénaire.

Début mars, dix navires battant pavillon grec se trouvaient dans le Golfe avec à bord des dizaines de marins tandis qu'environ 325 navires liés à des intérêts grecs mais sous pavillon étranger se trouvaient au Moyen-Orient, selon le ministre grec de la Marine marchande Vassilis Kikilias.

La Fédération panhellénique des marins (PNO) avait observé une grève de 24 heures le 5 mars en Grèce jugeant la situation "particulièrement grave et dangereuse pour les centaines de marins, grecs et étrangers, qui restent bloqués" au Moyen-Orient.

- "braver" les missiles iraniens -

Mais M. Vernicos précise qu'"aucun navire grec ne se rend dans le golfe Persique sans être assuré contre les risques de guerre, les frais d'assurance étant payés par les affréteurs".

"Des bateaux des armateurs grecs qui continuent de traverser le détroit d'Ormuz, sont en règle, ils respectent les normes des compagnies qui les affrètent, comme la française Total", assure cet armateur, descendant d'une famille maritime grecque de XIXe siècle et vice-président actuellement d'Amnesty International.

Des articles publiés récemment dans la presse internationale ont indiqué que des pétroliers grecs traversent le détroit d'Ormuz "en bravant les missiles iraniens".

Interrogé sur un article relatif publié sur le site de Financial Times qualifiant "de corsaire" un armateur grec dont les bateaux traversent Ormuz, M. Vernicos rétorque que "c'est faux de dire que les armateurs grecs +se livrent à la piraterie+".

"Cela ne correspond pas à la réalité, des Français, et tous ceux qui le prétendent, sont jaloux", poursuit-il.

Selon lui, "le détroit d'Ormuz ne fermera pas car les grands perdants seraient la Chine, l'Inde, les pays asiatiques et l'Iran".

"Ce qui est problématique, c'est que les dirigeants des États-Unis et de l'Iran sont imprévisibles", ajoute-t-il.

Ayant une tradition maritime séculaire, la Grèce dispose d'une de plus importantes flotte de la marine marchande dans le monde qui contribue à environ 8% à son Produit intérieur brut (PIB), le secteur des armateurs étant très puissant.

hec/eb

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