- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le président philippin Ferdinand Marcos a décrété mardi l'état d'"urgence énergétique nationale", invoquant les risques pesant sur l'approvisionnement en carburants et la stabilité énergétique du pays du fait de la guerre au Moyen-Orient.
"L'état d'urgence énergétique nationale est décrété en raison du conflit en cours au Moyen-Orient et du danger imminent qui en résulte pour la disponibilité et la stabilité de l'approvisionnement énergétique du pays", a-t-il écrit dans un décret.
L'état d'urgence a été déclaré quelques heures seulement après que le secrétaire à l'Énergie du pays a annoncé que les Philippines prévoyaient d'augmenter la production de leurs centrales électriques au charbon afin de maintenir les coûts de l'électricité à un niveau bas, alors que la guerre perturbe fortement les livraisons de gaz.
Le décret autorise le ministère de l'Énergie à verser des acomptes de 15% pour garantir les contrats d'approvisionnement en carburant, tout en prenant des mesures directes contre l'accaparement et la spéculation.
Cette mesure va permettre au gouvernement, par l'intermédiaire du ministère de l'Énergie et des autres organismes concernés, "de mettre en oeuvre des mesures adaptées et coordonnées, conformément à la législation en vigueur, afin de faire face aux risques liés aux perturbations de l'approvisionnement énergétique mondial et de l'économie nationale", précise le décret.
Il confère également au ministère des Transports le pouvoir d'allouer des subventions de carburant pour les transports publics et de réduire ou suspendre les péages et les redevances aéroportuaires, tout en accélérant l'aide aux personnes en situation difficile.
Les Philippines, qui affichent des coûts énergétiques parmi les plus élevés de la région, sont fortement dépendantes des importations de carburant pour le fonctionnement de leurs centrales électriques.
- Dépendance au charbon -
Cet archipel de 116 millions d'habitants utilise le charbon pour environ 60% de sa production d'électricité.
La secrétaire à l'Énergie, Sharon Garin, a déclaré mardi matin à la presse qu'avec la flambée des prix du GNL (gaz naturel liquéfié), le pays serait "temporairement" contraint de recourir encore davantage à cette énergie fossile très polluante.
Tout en espérant utiliser au maximum le charbon local, les Philippines se réservent également la possibilité d'accroître leurs achats de charbon auprès de leur principal fournisseur, l'Indonésie, a précisé la secrétaire à l'Énergie qui a indiqué avoir échangé avec les opérateurs de centrales électriques au charbon pour voir "dans quelle mesure elles peuvent augmenter leur production".
Selon elle, cette mesure "temporaire" devrait entrer en vigueur dès le 1er avril.
"Si nous parvenons pas à la mettre en oeuvre, nous pourrons au moins limiter les hausses des tarifs d'électricité dues au conflit au Moyen-Orient", a-t-elle ajouté.
L'Indonésie, de son côté, a assuré aux Philippines qu'elle n'imposerait aucune limite aux commandes de charbon.
En janvier, le président Marcos avait annoncé une découverte "importante" de gaz naturel à proximité du gisement offshore de Malampaya, dont les réserves s'épuisent rapidement.
Cette découverte pourrait permettre de prolonger la durée de vie de ce gisement, qui fournit environ 40% de l'électricité de l'île principale de Luçon et dont l'épuisement était initialement prévu d'ici quelques années.