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Hydroélectricité : un texte stratégique sur l'avenir des barrages français entre les mains des députés

  • Connaissance des Énergies avec AFP
  • parue le

Un texte attendu sur l'avenir des barrages, qui sera examiné par les députés la semaine prochaine, doit permettre de relancer l'investissement dans le secteur stratégique de l'hydroélectricité, aujourd'hui dans l'impasse à cause d'un vieux contentieux qui oppose la France et la Commission européenne.

Plus de 340 concessions

La proposition de loi, qui prévoit des mesures permettant de mettre un terme à ces différends, a franchi une première étape mercredi soir avec son adoption en commission à l'Assemblée. Il est attendu dans l'hémicycle entre mardi et jeudi.

Alors que l'hydroélectricité représente la deuxième source de production électrique en France, les investissements sont empêchés par deux procédures de la Commission européenne contre la France datant l'une de 2015, l'autre de 2019. La première porte sur la position dominante d'EDF sur le marché de l'hydroélectricité, la seconde sur l'absence de remise en concurrence des concessions échues.

Ces procédures ont eu "des conséquences très concrètes, avec la suspension et le report de nombreux projets de modernisation et d'extension des installations, d'augmentation de puissance, etc.", alors que ces ouvrages vieillissent, a souligné la rapporteure socialiste du texte, Marie-Noëlle Battistel.

En cause, le statut juridique des installations hydroélectriques, qui sont principalement exploitées sous le régime de la concession (plus de 340) : les ouvrages appartiennent à l'État, qui en confie l'exploitation à un concessionnaire pendant une durée définie. Or toute concession, lorsqu'elle arrive à échéance, doit normalement être mise en concurrence. Ce que la France refuse de faire.

Mises aux enchères de capacités

Des négociations ont été menées avec la Commission européenne pour aboutir à un accord de principe à l'été 2025 : elle "serait prête à clore les précontentieux en cours, à condition que la France adopte une réforme du régime juridique applicable aux installations hydroélectriques", selon Mme Battistel. Le texte propose ainsi aux députés une solution : passer du régime de concession à celui d'autorisation d'exploitation.

Cela nécessitera que l'État rachète ces concessions et indemnise les exploitants pour l'éviction de leur contrat. Charge à eux de s'acquitter ensuite d'un droit d'exploitation. Pour clore l'autre procédure, vieille de plus de 20 ans, le texte prévoit une deuxième disposition : l'ouverture du marché de l'hydroélectrique.

Au moins 40% des capacités hydroélectriques devront être ouvertes à des entreprises autres qu'EDF, avec un volume fixé à 6 gigawatts les dix premières années. Ces capacités seront mises aux enchères.

En commission, les députés LFI, RN et écologistes s'y sont opposés. "Nous refusons de livrer une énergie stratégique financée par les Français depuis des générations aux règles du marché", a déclaré le député RN Lionel Tivoli. Cela "se fera au prix de plus de spéculation, qui sera payé soit par EDF, soit par les consommateurs", a lancé le député LFI Matthias Tavel. La rapporteure elle-même a concédé qu'elle se "serait bien passée" de cette mesure. Mais "c'est bien une condition fondamentale posée par la Commission européenne pour confirmer son accord."

Commentaires

Régis
Cela confirme le rôle dogmatique de "La Commission Européenne". La déréglementation imposée par cette même Commission - avec l'aval de tous les gouvernements successifs et élus qui l'ont votée lors de sa transposition en droit français - à montré son inefficacité. Et pourtant la Commission persiste et signe dans la pertinence de son dogme. Elle ne sera satisfaite que quand le (l'ex) modèle intégré français sera complètement dézingué. Cela confirme aussi -malgré les quelques moulinets et effets de manche habituels- que le gouvernement actuel valide également toujours ce modèle. Trump à pas entièrement tort de traiter "l'Europe" de "..." -> à compléter au choix...
Brigitte Bertin
Il faut en sortir mais changer de religion n'est pas facile. Personnellement je ne comprendrai jamais comment nos gouvernants successifs se sont soumis à ce diktat néolibéral orchestré par Bruxelles et Washington. Quand nis fleyrons ne sont pas rachetés par les américainns, ils sont démantelés par l'UE. Il faut virer tous ces politiciens ineptes pour qui la France n'est plus qu'une marque de fromage...
HOST ALIER
Les installations hydroélectriques françaises appartiennent aux citoyens français, qui en ont assuré le financement. Il est donc essentiel que ces infrastructures stratégiques restent sous contrôle public et ne soient pas transférées à des sociétés privées. En effet, les entreprises privées pourraient être motivées avant tout par la recherche de profits, au détriment de l'intérêt général, à l'image de ce qui a pu être observé dans le cas des autoroutes. EDF étant redevenu une entreprise 100 % publique, il apparaît légitime que l'État choisisse de confier à nouveau à EDF l'exploitation et l'entretien des centrales hydroélectriques du pays. Cette démarche s'inscrit dans la continuité d'une gestion publique des infrastructures essentielles, garantissant ainsi leur bon fonctionnement et leur préservation au bénéfice de tous.
Rochain Serge
Ce qui me gène le plus dans EDF c'est son statut de quasi fonctionnaire avec des avantages exorbitants... A une époque le louais une maison dans un lotissement appartenant à un établissement financier et toutes les maisons étaient identiques avec un garrage séparé du bâtiment d'habitation. Le garage n'avait aucune isolation, les tuiles de la toiture donnaient diectement dans le local du garage. En hiver chaque toit des garages sauf un était recouvert d'un epais tapis de neige. Son locataire, qui travaillait à EDF, avait entouré sa voiture de radiateurs radiants et se vantait de n'avoir aucun problème pour démarrer le matin ! Dans une entreprise privé il n'y a généralement qu'un patron qui gaspille au frais de la princesse, pas l'ensemble des salariés. Je ne suis donc pas contre la privatisation des moyens de production d'électricité, en revanche, je m'opposerais à ce que le réseau de collecte depuis les différents producteurs et de dsitribution vers les utilisateurs soit confié à des entreprises privées.
Olivier DE BOI…
aaarrghh,l'agenda politique qui s'occupe de l'énergie ! La France résiste à l'Europe ? Même pas sûr... Elle a donné à Engie pour une bouchée de pain les sites de stockage souterrain de gaz naturel acquis et construits par Gaz de France, avec l'argent des Français il y a déjà plusieurs années. Ce délais a permis à Engie de grossir ses finances privées au point d'acheter des barrages au Portugal et ailleurs, bientot en France et à bas prix... Tout cela après s'être sucré grassement sur la bête EDF avec l'ARENH (chut y faut pas dire ça, voyons) Tristes gouvernements successifs depuis la privatisation d'EDF en 2005. Je considère que c'est une spoliation de la Nation France. De plus, le modèle économique de la péréquation tarifaire (économie du Besoin) donnait des résultats bien meilleurs que le modèle actuel (de l'offre) sujet à spéculation et organisation de la pénurie comme seul le capitalisme sait si bien le faire.

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