- Connaissance des Énergies avec AFP
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L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a réuni vendredi son Conseil des gouverneurs à la demande de plusieurs pays membres inquiets de la situation nucléaire en Ukraine, après des attaques russes sur les infrastructures énergétiques du pays.
La guerre en Ukraine "continue de représenter la plus grande menace au monde pour la sûreté nucléaire", a déclaré le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, à l'ouverture de cette réunion qui s'est tenue au siège de l'organisation onusienne à Vienne, en Autriche.
"Nous nous attendons à des signaux forts de soutien, à une évaluation de la situation", avait déclaré l'ambassadeur d'Ukraine Yurii Vitrenko aux médias avant le début de la réunion. Il a ajouté qu'il était "grand temps" pour le Conseil de l'AIEA "de se saisir de cette situation".
Treize pays menés par les Pays-Bas ont demandé par lettre au Conseil de l'AIEA de "se réunir au regard des derniers développements en Ukraine et de leurs implications pour la sûreté nucléaire".
"Nos délégations partagent une inquiétude grandissante quant à la gravité et à l'urgence des risques pour la sûreté nucléaire que cette situation engendre", a écrit le représentant permanent des Pays-Bas auprès de l'AIEA, Peter Potman, au président du Conseil des gouverneurs Ian David Grainge Biggs, dans un courrier en date du 21 janvier, dont l'AFP a obtenu copie.
Une mission d'experts de l'AIEA, menée depuis plusieurs semaines dans des postes électriques et des centrales d'Ukraine, est actuellement en cours et devrait s'achever le mois prochain, a indiqué M. Vitrenko.
Cette mission doit évaluer la situation dans dix postes électriques "cruciaux pour la sûreté nucléaire", a détaillé vendredi M. Grossi.
Le représentant permanent de la Russie auprès des organisations internationales à Vienne, Mikhaïl Oulianov, a de son côté critiqué la tenue de la réunion, l'estimant "motivée uniquement par des considérations politiques" et sans "aucune réelle nécessité".
L'Ukraine a accusé à plusieurs reprises la Russie de prendre pour cibles ses centrales nucléaires, affirmant que les bombardements russes risquaient de déclencher un nouveau drame.
La semaine dernière, des bombardements ont provisoirement privé la centrale nucléaire de Tchernobyl d'alimentation électrique externe.
Quant à celle de Zaporijjia, occupée depuis mars 2022 par les forces russes, bien que ses six réacteurs aient été mis à l'arrêt, elle a également besoin d'électricité pour leur refroidissement.
Plus tôt ce mois-ci, la Russie et l'Ukraine ont convenu d'un cessez-le-feu localisé pour permettre des réparations sur la dernière ligne d'alimentation électrique de secours encore opérationnelle alimentant Zaporijjia.