- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le ministre américain des Finances Scott Bessent a souligné dimanche qu'il fallait parfois accroître les hostilités pour pouvoir parvenir ensuite à une "désescalade", pour justifier l'ultimatum du président Donald Trump à Téhéran au sujet du détroit d'Ormuz.
Lors du lancement de l'offensive israélo-américaine le 28 février en Iran, le président américain avait indiqué que le conflit serait de courte durée, mais il vient d'entrer dans sa quatrième semaine.
Et, samedi soir, Donald Trump a sommé Téhéran de rouvrir sous 48h - soit d'ici lundi soir - le détroit d'Ormuz, stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures.
Faute de quoi les Etats-Unis "frapperont et anéantiront" les centrales électriques iraniennes "EN COMMENÇANT PAR LA PLUS GRANDE!", a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social.
Interrogé sur la chaîne NBC pour savoir si Donald Trump était en train d'atténuer le conflit ou, au contraire, de l'amplifier, Scott Bessent a répondu que les deux stratégies "n'étaient pas mutuellement exclusives".
"Parfois vous devez avoir une escalade pour désescalader", a-t-il relevé, rappelant la campagne de bombardements "pour réduire les fortifications iraniennes le long du détroit".
"Cela va continuer jusqu'à ce qu'elles soient complètement détruites", a indiqué M. Bessent.
Reza Pahlavi, fils en exil aux Etats-Unis du dernier chah d'Iran, a exhorté dimanche sur le réseau social X Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu "à continuer de cibler le régime et son appareil de répression, tout en épargnant les infrastructures civiles dont les Iraniens auront besoin pour reconstruire notre pays".
"L'Iran doit être protégé. Le régime doit être démantelé", a-t-il insisté. "L'Iran n'est pas la République islamique".
Concernant l'hypothèse d'envoyer des soldats pour sécuriser ce goulet d'étranglement crucial au commerce mondial des hydrocarbures, Scott Bessent a précisé que le président Trump "laiss(ait) toutes les options sur la table".
Quant à l'allègement temporaire de certaines sanctions américaines pour permettre la vente et la livraison du pétrole iranien bloqué en mer depuis au moins le 20 mars, il a rappelé que cela allait libérer quelque 140 millions de barils.
Selon lui, "nous avons un déficit quotidien de 10 à 14 millions (de barils). Par conséquent, 140 millions de barils, c'est entre dix jours et deux semaines d'approvisionnement".
Il s'agit surtout d'endiguer la flambée des cours des hydrocarbures.
A la clôture vendredi, le baril de Brent de la mer du Nord valait 112,19 dollars et son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), coûtait 98,32 dollars.
Le 27 février, veille de l'attaque, ils étaient respectivement à 72,48 dollars et 67,02 dollars.
Indiquant ignorer si la hausse allait durer "30 jours, (...) 50 jours, (...) 100 jours", M. Bessent a sous-entendu qu'"avoir 50 ans de paix au Moyen-Orient" pouvait en valoir la peine car, "auparavant, il y avait une illusion de sécurité".
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