La Norvège n'a quasiment vendu que des voitures 100% électriques aux particuliers en 2025

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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La Norvège a frôlé son objectif de ne vendre que des voitures zéro émission en 2025 : le tout-électrique a représenté 95,9% des nouvelles immatriculations sur l’année, selon le Conseil norvégien d’information sur le trafic routier (OFV) dans un communiqué publié ce 2 janvier.

Un mois de décembre dopé par une évolution fiscale en 2026

Au total, 179 549 voitures particulières neuves ont été immatriculées en 2025 en Norvège, un record annuel. La hausse des immatriculations en fin d’année a été plus spectaculaire encore pour ce pays : l’OFV recense 35 188 nouvelles voitures particulières en décembre 2025 (+157,7% sur un an), pour une part de 97,6% de voitures électriques, les acheteurs anticipant un changement de fiscalité au 1er janvier 2026.

"La fin d'année a été historiquement forte, et il ne fait aucun doute que la modification de la TVA à compter du 1er janvier 2026 a incité de nombreuses personnes à acheter une nouvelle voiture électrique avant la fin de l'année", a commenté Geir Inge Stokke, directeur de l'OFV.

Le gouvernement a en effet abaissé en 2026 le seuil de prix à partir duquel une voiture électrique neuve est soumise à la TVA : l’exemption (TVA norvégienne à 25%) ne s’applique plus que jusqu’à 300 000 couronnes, contre 500 000 couronnes (environ 42 500 euros) jusque-là.

Dans le cadre d’un compromis budgétaire, la suppression totale de cette exemption, initialement envisagée à partir de 2027, a été repoussée à 2028, avec une étape intermédiaire évoquée pour 2027 (seuil d’exemption ramené à 150 000 couronnes).

Tesla reste numéro un, les marques chinoises s’installent

Parmi les constructeurs, Tesla a consolidé sa position numéro un en Norvège : 34 285 voitures neuves de la marque y ont été immatriculées en 2025, soit 19,1% de part de marché, d’après l’OFV. Le modèle Tesla Model Y a, à lui seul, totalisé 27 621 premières immatriculations sur l’année.

L’année 2025 a par ailleurs confirmé que les constructeurs automobiles chinois ont clairement pris pied sur le marché norvégien des voitures neuves. L’OFV estime que 24 524 voitures neuves d’origine chinoise ont été enregistrées en 2025, soit 13,7% des ventes (contre 10,4% en 2024), BYD étant le premier représentant de ce groupe.

Le marché norvégien automobile est désormais quasi intégralement électrifié : la part résiduelle (4,1%) se compose encore de quelques hybrides, essence et diesel, souvent sur des usages spécifiques.

Le « paradoxe norvégien » : champion de l’électrique… et géant des hydrocarbures

La Norvège est le plus gros exportateur d'hydrocarbures d'Europe de l'Ouest : en 2024, elle a exporté un volume de gaz équivalant à plus de 30% de la consommation totale de gaz de l’UE et du Royaume-Uni (année durant laquelle la production de gaz naturel norvégienne a atteint un niveau record), et les hydrocarbures ont représenté plus de la moitié de la valeur des exportations de biens du pays, selon les statistiques officielles du secteur pétrolier norvégien.

Le pays s'est pourtant fixé pour objectif (non contraignant) de ne vendre que des voitures zéro émission neuves à compter de 2025, soit dix ans avant l'Union européenne (avant que la Commission apporte des flexibilités à cette cible).

Cette avance est généralement attribuée à une politique publique volontariste et pérenne, combinant incitations pour les véhicules zéro émission et fiscalité dissuasive sur les motorisations thermiques. L’OFV souligne d'ailleurs qu’en 2025, les voitures électriques ont dépassé les modèles diesel dans le parc total en circulation, même si « autour de deux voitures sur trois » circulant restent encore alimentées par des carburants fossiles.

Rappelons que l’électrification rapide du parc automobile repose sur une production d'électricité très largement décarbonée en Norvège, avec un mix électrique reposant à près de 92% sur l’hydroélectricité.

Commentaires

COCHELIN
L'argent du pétrole et du gaz finance l'achat de véhicules électriques. C'est paradoxal. Mais lorsque ces aides disparaitront, que se passera-t-il ?
GwE
Ben le parc aura basculé vers l'Electrique et la messe sera dîte. Les stations essence vont se raréfier progressivement, et la part de voitures thermiques continuera à diminuer. En Chine, 50% des nouvelles immat sont aussi de l'électrique.
Et comme la Norvège est un gros producteur d'électricité (et même exportateur), çà sera bon pour leur balance commerciale et leur compétivité.
En france, on aurait pu faire la même chose grâce à nos centrales nucléaires, si on n'avait pas une classe politique molassonne et les générations X et les Boomers accros aux fossiles. Encore une fois, on sera du côté des perdants.
COCHELIN
L'argent du gaz et du pétrole finance ainsi l'achat de véhicules électriques dans un pays dont la richesse vient majoritairement de l'exploitation et de la vente d'hydrocarbures.
Vincent
C'est ce qu'on appelle avoir une feuille de route. Quand vous voulez aller d'un point A à un point B, il est normal de se baser sur les acquis du point A pour arriver à B. Si tous les pays avec une manne pétrolière avait la même feuille de route, le monde irait mieux aujourd'hui. Il ne faut pas se leurrer, le point A est condamné à moyen terme dans la majeure partie des cas : le pétrole sera extrait à perte ans de plus en plus de zones. C'est déjà le cas aux USA, d'autres vont suivre. Profiter de cette manne pour passer à la suite, c'est une décision sensée pour les pays qui gèrent leur avenir à long terme. Pour les autres : ce sera mad max.
COCHELIN
Dans votre commentaire, beaucoup d'éléments s'avèrent faux. La Norvège, de part ses émissions carbone importées et exportées, détient un Impact carbone assez élevé malgré tout, et ne compte pas se passer de si tôt de sa rente pétrolière et gazière. Ce pays continue sa prospection et ses exploitations pour alimenter toujours plus son fonds souverain évalué autour de 1000 milliards d'euros. Du côté des États-Unis, la réalité n'est pas ce que vous décrivez. Toujours plus de prospection, de forage et de profils : https://www.sphericalinsights.com/fr/reports/united-states-oil-gas-market
Vincent
A aucun moment je ne nie que les Etats Unis font de plus en plus de prospection. Je dis simplement que c'est une stratégie perdante sur le long terme pour une raison assez simple : l'extraction des fossiles n'est déjà plus rentable aux US, donc sous perfusion d'argent publique. Et ça ne peut pas tenir sur le long terme. A aucun moment je ne nie non plus que la Norvège continue d'utiliser sa manne pétrolière : la grande différence avec les Etats Unis c'est que eux ont compris que la fête était bientôt terminée et prépare donc la suite. Ce qui n'est pas le cas des USA, qui vont s'effondrer en foutant un sacré bordel entre temps, s'ils continuent sur la même voie.
Zamur
Il suffit un hiver normal, avec quelques jours à -10°C, pour voir le chauufeurs des véhicules électriques, frigorifiés, qui n'ont pas osé de faire fonctionner le chauffage. Ceci pour augmenter leurs chances d'arriver à la maison
Vincent
Bof. Le déplacement journalier moyen est inférieur à 80km. Donc a moins d'avoir une voiture avec moins de 100km d'autonomie, il n'y a pas de problème à se chauffer dans un véhicule électrique.
COCHELIN
Les distances à parcourir, en Norvège, peuvent être très importantes vu la longueur du pays (2200 km), et les véhicules thermiques sont et seront alors encore très utiles dans beaucoup de cas. Vous oubliez, de plus et à l'instar de la Suède, les véhicules de chantier, les nombreux bateaux et avions qui seront beaucoup plus difficiles à électrifier, et qui représentent actuellement des émissions importantes.
Vincent
En Europe continentale aussi, vous pouvez parcourir des distances très grandes, s'il vous prend l'envie d'aller acheter des croissants à Budapest un matin, alors que vous habitez à Quimper. ça ne veut pas dire que vous allez le faire. Bref, en pratique, les déplacements moyens journaliers sont très faibles. Pour la longue distance, ce qui est très occasionnel pour la grande majorité des personnes surtout en hiver, alors il faut adapter la logistique, mais ce n'est pas un problème insurmontable. Pour les autres véhicules terrestres, l'électrification va poursuivre son cours, ce n'est qu'une question de temps. Pour les bateaux et les avions, on est sur du plus long terme et à un coût de la tonne de CO2 évitée trop élevée pour envisager une décarbonation à court terme. Mais à plus long terme, il y a également des solutions, avec une développement technologique qui peut démarrer dès aujourd'hui et qui prendra plusieurs décennies
Cochelin
" Il est important de se rappeler qu’environ deux voitures particulières sur trois circulent encore aux combustibles fossiles". https://ofv.no/aktuelt/2026/2025-ble-tidenes-rekord%C3%A5r-for-bilsalget
COCHELIN
Si les aides venaient à se réduire, il y a fort à parier que la Norvège se retrouverait dans la situation de l'Allemagne : https://www.connaissancedesenergies.org/afp/2024-annee-noire-pour-les-voitures-electriques-en-allemagne-250106. ou de la Suède : https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/climat/suede-hausse-record-des-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-en-2024_189941

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