- Connaissance des Énergies avec AFP
- parue le
Le chef de la diplomatie américaine a assuré mardi que la phase offensive contre Téhéran était conclue, même si l'armée américaine s'est dite prête à reprendre ses "opérations majeures de combat" en cas de riposte iranienne aux escortes dans le détroit d'Ormuz.
"L'opération est finie - +Fureur épique+ - comme le président l'a signifié au Congrès. Nous avons passé ce stade", a affirmé le secrétaire d'Etat Marco Rubio lors d'un point presse à la Maison Blanche, utilisant le nom de code donné par les Etats-Unis à leurs opérations contre l'Iran.
Le chef d'état-major américain, le général Dan Caine, a cependant averti que l'armée était "prête à reprendre des opérations majeures de combats contre l'Iran".
Donald Trump a aussi mis en garde Téhéran, au lendemain d'accrochages en mer et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputés à l'Iran.
"Ils savent ce qu'ils ont à faire et (...) ce qu'ils ne doivent pas faire", a affirmé le président américain, qui s'est toutefois abstenu d'accuser l'Iran d'avoir violé la trêve en vigueur depuis le 8 avril.
Depuis le début de la guerre le 28 février, Téhéran contrôle le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.
Tentant de trouver une issue à cette situation qui fait grimper les cours du pétrole, Washington a imposé le 13 avril un blocus des ports iraniens et lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux bloqués dans le Golfe de franchir le détroit.
- "Riposte ferme" -
L'Iran a répliqué lundi par des tirs de missiles et drones contre des bâtiments militaires américains - interceptés selon le commandement américain pour la région (Centcom). Il a aussi été accusé d'avoir tiré sur les Emirats, dans la première attaque contre un pays du Golfe depuis la trêve, ce qu'un haut responsable militaire iranien a démenti mardi soir.
Les forces iraniennes "n'ont mené aucune opération de missiles ou de drones contre les Emirats arabes unis ces derniers jours", a affirmé le porte-parole du quartier général du commandement militaire.
Plus tôt, les Emirats avaient dit avoir à nouveau activé leurs défenses aériennes pour intercepter des missiles et drones tirés selon eux depuis l'Iran.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont menacé de leur côté d'une "riposte ferme" tout navire qui ne se conformerait pas aux règles de passage imposées par Téhéran.
Les Etats-Unis ne peuvent pas "laisser l'Iran bloquer une voie de navigation internationale", a insisté le ministre américain de la Défense Pete Hegseth.
"Si vous attaquez les troupes américaines ou des navires commerciaux innocents, vous serez confrontés à une force américaine écrasante et dévastatrice", a-t-il averti.
Dans un communiqué, Marco Rubio a annoncé que les Etats-Unis proposeraient une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU pour "défendre la liberté de navigation et sécuriser le détroit d'Ormuz".
Le projet de résolution, rédigé aux côtés du Bahreïn, de l'Arabie saoudite, des Emirats, du Koweït, et du Qatar, "exige que l'Iran cesse les attaques, le minage et tout péage" dans le détroit, précise le secrétaire d'Etat.
- "Escalade dangereuse" -
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a accusé lui les Etats-Unis et leurs alliés de "mettre en péril" la sécurité du transport maritime.
Le Centcom assure, malgré les démentis iraniens, que deux navires marchands battant pavillon américain ont franchi lundi le détroit d'Ormuz sous escorte militaire.
L'opération, marquée selon l'armée par la destruction de six embarcations iraniennes, "marche très bien", s'est félicité Donald Trump.
Le géant danois du transport Maersk a aussi annoncé la sortie lundi d'un de ses bateaux, "accompagné de moyens militaires américains", coincé dans le Golfe depuis le début de la guerre.
Là aussi, Téhéran a nié tout dommage sur ses navires, accusant les Etats-Unis d'avoir tué cinq civils en ciblant deux bateaux ralliant la côte iranienne au départ d'Oman.
Le ministère émirati des Affaires étrangères a dénoncé lundi "une escalade dangereuse", notamment après une attaque de drone sur le site pétrolier de Fujaïrah.
Les tentatives de relancer les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis sont au point mort depuis une première rencontre directe à Islamabad le 11 avril.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré mardi que son pays était "prêt à tout dialogue".
Mais "il n'a jamais cédé et ne cédera jamais à la force", a-t-il ajouté.
burx-rle/ev