Le Pakistan prend des mesures d'économies de carburant pour faire face à la flambée des prix du pétrole

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a dévoilé lundi une série de mesures d'austérité visant à réduire la consommation de carburant, alors que les prix du pétrole s'envolent en raison de la guerre israélo-américaine contre l'Iran.

Les prix du brut ont dépassé lundi les 100 dollars le baril pour la première fois depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, après les frappes de représailles iraniennes contre les pays producteurs de pétrole du Golfe. Le brut a même brièvement bondi de plus de 30%, à près de 120 dollars.

Le Pakistan, fortement dépendant du pétrole et du gaz du Golfe, a augmenté ses prix à la pompe d'environ 20% vendredi dernier, provoquant de longues files d'attente aux stations-service du pays.

M. Sharif, qui a qualifié cette décision de "difficile", a déclaré vouloir éviter toute nouvelle hausse qui pénaliserait la population, dont une grande partie vit dans la pauvreté.

Mais, lors d'une allocution télévisée, il a affirmé qu'il était nécessaire d'agir, avertissant que "la crise énergétique est la nouvelle crise".

Lors d'une réunion lundi, M. Sharif a indiqué que les ministres s'étaient engagés à tenter d'empêcher l'aggravation de la situation et étaient convenus que les administrations, à l'exception des banques, passeraient à une semaine de quatre jours, la moitié du personnel étant placée en télétravail.

Les vacances scolaires ont été prolongées et les cours auront lieu en ligne ensuite.

Les indemnités de carburant pour les véhicules de fonction, à l'exception des ambulances, ont été réduites de moitié pour les deux prochains mois.

Au cours de la réunion ont également été approuvées des réductions de salaires pour les fonctionnaires, l'interdiction d'acheter de nouveaux équipements et une réduction des déplacements officiels à l'étranger, sauf pour ceux "nécessaires à l'intérêt du pays", a précisé M. Sharif.

Les réunions en ligne seront privilégiées, a-t-il ajouté.

La crise du Golfe a touché d'autres pays d'Asie du Sud. Dimanche, le Bangladesh, qui importe 95% de ses besoins en pétrole et en gaz, a instauré un rationnement du carburant, provoquant de longues files d'attente aux stations-service, et a renforcé la sécurité en raison des troubles.

En outre, les illuminations prévues pour les célébrations de l'indépendance et du Ramadan ont été annulées, ont annoncé les autorités lundi.

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