Le patron de TotalEnergies dénonce un débat politique « exacerbé et outrancier »

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le patron de TotalEnergies, accusé par la gauche d'être un profiteur de guerre, a dénoncé jeudi un débat politique "parfois exacerbé et outrancier" à l'égard de la compagnie pétro-gazière française, à la veille de son assemblée générale, en soulignant que les profits ne "tombent pas du ciel".

Un bénéfice record au premier trimestre

Dans une interview au journal Le Figaro, Patrick Pouyanné s'est refusé à entrer "dans le jeu des petites phrases" au sujet des critiques qui pleuvent à gauche sur son groupe, accusé de profiter des perturbations liées à la guerre au Moyen-Orient, et sur lui-même, la cheffe des écologistes Marine Tondelier voulant lui voir retirer la légion d'honneur.

"Le débat politique quand il nous concerne est parfois exacerbé et outrancier", a commenté le PDG du groupe, qui réunit ses actionnaires vendredi dans la tour TotalEnergies à La Défense.

"Ce qui me choque le plus, et je parle au nom de nos 35 000 salariés français, c'est quand j'entends que nos bénéfices tombent du ciel, que nous n'avons rien à faire pour les encaisser", a ajouté M. Pouyanné.

Dopé par la flambée du prix des hydrocarbures, TotalEnergies a dégagé au premier trimestre un bénéfice record de 4,96 milliards d'euros (en hausse de 51% sur un an), relançant le débat sur l'opportunité de taxer les "superprofits" liés à la guerre au Moyen-Orient.

« Il n'y aura pas de pénurie en France »

Dans une telle hypothèse, le PDG a déjà menacé dans une précédente interview d'arrêter son plafonnement des prix du carburant dans ses stations-service françaises, initiative bien accueillie par le gouvernement, aux marges de manœuvre budgétaires limitées, et par les automobilistes, qui affluent dans son réseau. "C'est un effort conséquent. Nous sommes le seul groupe pétrolier au monde à avoir mis en place un plafonnement et nous le faisons dans un seul pays, la France. Ce n'est pas anodin", a souligné M. Pouyanné.

Le PDG a tenu aussi à rassurer sur la situation de l'approvisionnement en carburants. "Il n'y aura pas de pénurie en France", mais la "non-pénurie aura un prix", a-t-il prévenu. Autrement dit, le pays devra payer plus cher pour acheminer des cargaisons de pétrole, très disputées par l'Asie.

"Il y a un combat pour les volumes dans un marché qui ne produit plus que 90 millions de barils par jour au lieu de 100. Et cette bataille fait monter le prix, qui est celui de la sécurité d'approvisionnement", a-t-il dit.