- Connaissance des Énergies avec AFP
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La prise de contrôle à 100% d'EDF décidée par le gouvernement en 2022, dans un contexte de crise énergétique et de relance du nucléaire, s'est avérée une opération "coûteuse pour le budget de l'Etat", affirme la Cour des comptes dans un rapport publié jeudi.
La montée de 84% à 100% du capital du géant de l'énergie a coûté près de 9,7 milliards d'euros, pour des avantages "difficilement identifiables", selon l'institution, qui ajoute que la "nécessité" de l'opération "n'est pas démontrée à ce stade".
Si cette opération s'est faite "dans un contexte particulièrement tendu" pour le groupe EDF, confronté à l'époque à de grandes difficultés financières et opérationnelles et à la crise énergétique déclenchée par l'invasion de l'Ukraine par la Russie, "ni les impératifs de souveraineté et d'indépendance énergétiques, ni les besoins de financement du groupe ou la volonté de renforcer son pilotage opérationnel n'imposaient une détention à 100% de la société EDF par l'Etat", juge la Cour des comptes dans son rapport.
Car, rappelle l'institution, avant la mise en oeuvre de cette prise de contrôle totale, "les pouvoirs publics exerçaient déjà un fort niveau de contrôle" sur EDF, grâce à une détention "largement majoritaire de son capital" (environ 84%), d'une part, ainsi que via les décisions de politique énergétique et la régulation du marché de l'énergie, d'autre part.
L'"effort" budgétaire requis pour l'opération a été "d'autant plus important" qu'il est intervenu dans un contexte de "dégradation des finances publiques", note la Cour.
"Un recul temporel plus important est nécessaire pour apprécier les conséquences de l'opération dans la durée", tempère cependant l'institution.
Mais elle souligne également que l'Etat devra "contribuer à des besoins d'investissements massifs" pour EDF, notamment "72,8 milliards d'euros" prévus pour la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires EPR2, étant donné qu'il est désormais l'unique actionnaire de l'entreprise.
A l'époque de la nationalisation à 100% d'EDF, l'exécutif avait fait valoir que l'opération devait permettre à l'Etat et à l'entreprise d'agir plus vite face à la crise énergétique.