- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les cours du pétrole sont en hausse vendredi, avec une offre réduite à cause de la guerre au Moyen-Orient qui paralyse les flux d'hydrocarbures en provenance du Golfe et fait peser des risques sur les infrastructures énergétiques de la région.
Vers 11H10 GMT (12H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, prenait 2,73% à 87,74 dollars, au plus haut depuis plus d'un an et demi.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en avril, gagnait 4,62% à 84,75 dollars. La hausse plus prononcée du baril américain est liée a "un effet différé" de la hausse des prix qui avait touchée plus rapidement le Brent, selon Ole R. Hvalbye de SEB.
Les autorités kurdes irakiennes ont annoncé vendredi que la production d'un champ pétrolier exploité par la société américaine HKN Energy a été interrompue après une attaque.
"Chaque jour qui passe sans reprise des flux conduit le marché pétrolier à réévaluer à la hausse le volume d'offre perdu", expliquent les analystes d'ING.
Le blocage du détroit d'Ormuz, par où transite environ 20% de la production mondiale d'or noir, cause des problèmes d'approvisionnement des marchés mondiaux et pourrait limiter la production de la région car les capacités de stockage sont limitées.
"Si la situation ne se résout pas rapidement, nous assisterons bientôt à une rationalisation de la production de pétrole brut et à une nouvelle réduction de l'activité des raffineries, en particulier en Asie et au Moyen-Orient", prévient Homayoun Falakshahi, analyste chez Kpler.
La paralysie dans cette zone fait suite au contrôle "total" revendiqué par les Gardiens de la Révolution iraniens du détroit d'Ormuz.
L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont en mesure de contourner partiellement le détroit, mais "même avec ces options de contournement, environ 8,7 millions de barils par jour", sont bloqués, explique M. Falakshahi.
Certains pays asiatiques particulièrement sensibles aux importations énergétiques en provenance du Moyen-Orient ont déjà pris des mesures.
La Chine a demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gazole et d'essence, selon l'agence Bloomberg.
Et le gouvernement américain a autorisé jeudi, et pour un mois, la livraison de pétrole russe sous sanction vers l'Inde, alors que le conflit au Moyen-Orient touche directement les approvisionnements de New Delhi.
Les produits raffinés "tels que le diesel et le kérosène ont connu une augmentation de prix bien plus importante" que le brut jusqu'à présent, souligne Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.