- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les prix du pétrole ont avancé mardi face aux interruptions de production importantes au Kazakhstan et aux menaces douanières de Donald Trump envers l'Europe dans le cadre de leur contentieux au sujet de la souveraineté du Groenland.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, a pris 1,53% à 64,92 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, dont c'est le premier jour d'utilisation comme contrat de référence, a gagné 1,51% à 60,34 dollars.
"Le marché réagit aux événements au Kazakhstan, où plusieurs incendies ont entraîné des problèmes de production", remarque auprès de l'AFP Andy Lipow, de Lipow Oil Associate.
L'entreprise "Tengizchevroil a temporairement interrompu la production dans ses champs de Tengiz et Korolev après que deux incendies se sont déclarés dans des générateurs électriques", précisent les analystes d'ING, notant que le producteur a sorti environ 890.000 barils par jour de ces sites au cours des trois premiers trimestres de 2025.
Et les exportations du pays via le terminal Caspian Pipeline Consortium (CPC), dont la partie russe a subi des attaques de drones ukrainiens, continuent d'être affectées.
"Si les perturbations au Kazakhstan persistent", les prix de l'or noir resteront "élevés", estime Gregory Brew, d'Eurasia Group, soit possiblement proches des 65 dollars.
En parallèle, les tensions entre Américains et Européens sont montées d'un cran au cours du week-end après que Donald Trump a menacé huit pays de nouvelles surtaxes douanières pour aboutir, notamment, à l'annexion du Groenland.
Le dollar s'est affaibli à la suite de ces déclarations, "poussant potentiellement des personnes à acheter du pétrole", note M. Lipow.
Le pétrole étant coté dans la devise américaine, il devient plus attractif pour les acheteurs internationaux lorsque la monnaie se déprécie, ce qui peut soutenir la hausse des prix.
La stratégie du président américain sur le Groenland "reflète à quel point la géopolitique est devenue imprévisible", souligne Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management.
Cela renforce la prime de risque qui fait gonfler les cours du baril "même s'il est difficile de voir en quoi une nouvelle guerre commerciale serait bénéfique" pour la demande et les prix du brut, explique Mark Bowman, analyste chez ADM Investors Services.
"Nous allons devoir attendre de voir ce que décidera l'UE", avance M. Lipow, alors que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a promis mardi une réponse "ferme, unie et proportionnelle".
