Le pétrole recule un peu, soupesant les tensions autour du détroit d'Ormuz

  • Connaissance des Énergies avec AFP
  • parue le

Les cours du pétrole retombaient mardi, après un bond lundi, le marché surveillant les passages de navires dans le détroit d'Ormuz et attendant une conférence de presse du chef du Pentagone, Pete Hegseth, plus tard dans la journée.

Vers 09H40 GMT (11H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, perdait 1,62% à 112,59 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, tombait de 2,52% à 103,74 dollars.

Sur le marché pétrolier, tous les regards sont tournés vers le détroit d'Ormuz, dont l'Iran orchestre la quasi-paralysie depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Donald Trump a annoncé dimanche soir que les États-Unis aideraient les navires bloqués dans le Golfe, qualifiant l'initiative (baptisée Project Freedom), de "geste humanitaire" et "de bonne volonté".

"Les événements d'hier (lundi, ndlr) ont clairement montré que l'Iran n'était pas d'accord", souligne Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

Les Émirats arabes unis ont annoncé avoir été ciblés par plusieurs attaques iraniennes lundi, notamment sur le site pétrolier de Fujaïrah, qui permet à une partie des exportations pétrolières du pays de contourner le détroit d'Ormuz.

Séoul a, de son côté, fait état d'une "explosion", suivie d'un incendie, sur un navire sud-coréen dans le détroit.

L'armée américaine a annoncé lundi avoir détruit six bateaux iraniens, ce que Téhéran dément.

Ces développements ont fait bondir les cours du pétrole lundi.

Mais, à cause des prix élevés de l'or noir, "Trump n'aura sans doute guère d'appétit pour une escalade de la guerre", estime M. Rasmussen, car le président américain "n'a pas évoqué la possibilité de bombarder les centrales électriques iraniennes et d'autres cibles similaires", renvoyant plutôt à la conférence de presse de Pete Hegseth.

De plus, deux navires marchands battant pavillon américain ont d'ores et déjà franchi "avec succès" le détroit d'Ormuz, a annoncé le commandement américain pour la région (Centcom).

L'information a été démentie par l'Iran mais le géant danois du transport de marchandises par conteneurs Maersk a affirmé pour sa part qu'un de ses navires sous pavillon américain avait quitté le détroit.

Mais "tout soulagement apporté par (le fait que des) navires bloqués (...) traversent le détroit sera temporaire", car cela n'équivaut pas à la reprise d'un trafic normal avec des navires entrants et sortants librement, note les analystes d'ING.

L'influent président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a par ailleurs prévenu mardi que son pays n'avait "même pas encore commencé" son bras de fer avec les États-Unis.

En cas d'escalade, et de rupture du très fragile cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis, le cours du baril pourrait davantage grimper.

pml/lul/lrb

Ajouter un commentaire