Le pétrole reste porté par le risque géopolitique au Moyen-Orient

  • AFP
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Les prix du pétrole montaient lundi, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuant de soutenir les cours, malgré l'absence de ruptures d'approvisionnement en brut venant de la région, avant la publication de rapports mensuels sur le marché.

Vers 10H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en avril, prenait 0,69% à 82,19 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en mars, gagnait 0,81% à 76,84 dollars.

Le pétrole est porté par le risque géopolitique, en raison des "négociations de paix entre Israël et le Hamas, dans l'impasse" qui "stimulent le sentiment de risque", commentent les analystes de DNB.

Israël a annoncé tôt lundi avoir libéré deux otages détenus à Rafah, ultime cible affichée de son offensive dans la bande de Gaza, dans le cadre d'une vaste opération nocturne ayant fait une centaine de morts, selon le Hamas au pouvoir dans ce territoire palestinien.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné la semaine dernière à son armée de préparer une offensive sur Rafah, à frontière avec l'Egypte, où se masse actuellement plus de la moitié de la population de Gaza, suscitant l'inquiétude de la communauté internationale.

Le Hamas a prévenu dimanche qu'une telle offensive "torpillerait" tout accord pour une libération des otages enlevés lors de son attaque le 7 octobre contre Israël, et qu'il détient encore à Gaza.

"L'impasse entre Israël et le Hamas, les attaques consécutives des Houthis contre les navires commerciaux et l'implication de plus en plus forte des États-Unis et de l'Iran dans le conflit ont préparé le terrain" pour des hausses de prix du brut, abonde Tamas Varga, de PVM Energy.

Il rappelle cependant que "la production et l'offre de pétrole brut de la région devraient être matériellement et sévèrement affectées" pour que les prix s'envolent de manière significative.

Par ailleurs, l'Opep (l'Organisation des pays exportateurs de pétrole) et l'AIE (l'Agence internationale de l'énergie) publieront leurs rapports mensuels respectivement mardi et jeudi.

"L'attention sera portée sur la manière dont ils réviseront leurs perspectives de demande en réaction aux développements mondiaux", affirme Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.

"La vigueur de l'économie américaine et les mesures de relance chinoises sont positives pour la dynamique de la demande et devraient soutenir les prix du pétrole au-delà des tensions géopolitiques", explique-t-elle.

A l'inverse, les anticipations revues à la baisse sur l'abaissement des taux d'intérêt au niveau mondial pèse sur la demande, souligne l'analyste.

Un environnement de taux élevés dans des pays consommateurs de brut a en effet tendance à peser sur le niveau de la demande, qui est étroitement lié à la croissance.

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