- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les cours du pétrole chutent jeudi, le marché nourrissant davantage d'optimisme sur la possibilité d'un accord entre les États-Unis et l'Iran après des avancées diplomatiques brandies par Washington.
Vers 13H20 GMT (15H20 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, perdait 3,64% à 97,58 dollars, après avoir chuté brièvement de plus de 5%.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, tombait de 3,90% à 91,37 dollars, après également s'être affiché en baisse de plus de 5% lui aussi.
Le marché pétrolier commence "à basculer progressivement d'un scénario de rupture majeure de l'offre mondiale vers un scénario de normalisation partielle des flux énergétique", explique John Plassard, analyste chez Cité Gestion.
"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a affirmé mercredi le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.
Le président américain avait aussi évoqué une fin de l'opération en Iran, "Fureur épique", en cas d'accord, tout en agitant la menace de nouveaux bombardements sinon.
Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a lui estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".
Mais la proposition américaine reste à l'étude, a fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.
Tel qu'il est compris par le marché, le cadre de paix "conduirait à une réouverture progressive d'Ormuz et à la levée des restrictions américaines sur l'accès aux ports iraniens", affirment les analystes d'ING.
Au vu de la forte baisse des cours depuis le début de semaine, "le marché est un peu trop optimiste quant aux chances de parvenir à un accord", estime Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management.
Mais "si le détroit rouvre, nous verrons probablement un mouvement de baisse vers 90 dollars" pour le baril de Brent, convient l'analyste.
Ce niveau reste bien plus élevé qu'avant le début de la guerre au Moyen-Orient car les réserves stratégiques se sont vidées et qu'il faudrait les remplir.
Par ailleurs, dans le cadre d'une reprise du trafic via le détroit d'Ormuz, "il y aurait un délai de six à huit semaines entre des conditions d'accès crédibles et une véritable normalisation des flux", selon Paola Rodriguez-Masiu, analyste chez Rystad Energy.