Le Rwanda menace de retirer son soutien à la lutte anti-jihadiste au Mozambique

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le Rwanda a averti samedi que faute de garanties de financements, il retirera ses troupes aidant à la lutte anti-jihadiste dans le nord du Mozambique, où le géant français TotalEnergies a récemment relancé un vaste projet critiqué de gaz naturel liquéfié.

Depuis 2021, le Rwanda a déployé dans la province du Cabo Delgado (nord du Mozambique), à la frontière avec la Tanzanie, environ 1.000 militaires et policiers pour y lutter contre une insurrection locale affiliée depuis 2017 au groupe jihadiste État islamique.

Le nord du Mozambique abrite d'énormes réserves de gaz qui font l'objet d'importants projets d'exploitation portés par des multinationales dont TotalEnergies, l'italien ENI ou l'américain ExxonMobil.

Le Rwanda "retirera ses troupes du Mozambique si un financement durable n'est pas garanti pour ses opérations antiterroristes à Cabo Delgado", a martelé le chef de la diplomatie rwandaise Olivier Nduhungirehe sur X, réagissant à des publications de médias évoquant l'expiration prochaine d'un financement européen.

Le gouvernement rwandais avait indiqué vendredi que la Facilité européenne pour la paix avait déboursé environ 20 millions d'euros pour le déploiement anti-jihadiste, mais que le coût pour le Rwanda était "au moins 10 fois supérieur".

Le Rwanda a dépensé des "centaines de millions de dollars" et sacrifié des soldats pour stabiliser cette région, permettant aux habitants de revenir, aux entreprises de rouvrir et aux investissements en gaz naturel liquéfié de reprendre, a souligné M. Nduhungirehe.

Son pays a ensuite vu ses "vaillants soldats constamment remis en question, diffamés, critiqués, blâmés ou sanctionnés par les pays mêmes qui profitent grandement de notre intervention au Mozambique", a-t-il poursuivi. "Nous sommes prêts à quitter le Mozambique si notre travail et nos réussites ne sont pas reconnus à leur juste valeur."

Les États-Unis ont annoncé au début du mois des sanctions contre l'armée rwandaise pour son soutien aux forces du groupe armé antigouvernemental M23 dans l'est de la République démocratique du Congo en proie aux violences. L'Union européenne avait aussi sanctionné des chefs militaires rwandais l'année dernière.

Le conflit déchirant depuis 2017 la province du Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique, a fait au moins 6.400 morts, d'après l'ONG Acled qui collecte des données sur les zones de conflit.

TotalEnergies a annoncé fin janvier la reprise d'un projet gazier controversé à 20 milliards de dollars (16,7 milliards d'euros), qui avait été gelé après une attaque jihadiste en mars 2021 contre la ville de Palma (quelque 800 morts, selon Acled), en vue d'un début de production en 2029.

Il est présenté comme le plus grand investissement privé dans les infrastructures énergétiques en Afrique.

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